Following the trails of the coyote

For the last three years, Mathieu Dumond, a science student at L’Université de Moncton, has been studying the coyote with passion. His laboratory, so to speak, covers the Kouchibouguac National Park region. The observations he has made on the coyotes are now countless.

Here are some facts:

Morphologically, the coyote is intermediate to the fox and the wolf.

In the Maritimes, the coyote measures from 20 to 22 inches with a tail measuring up to 14 inches. It weighs up to and over 45 pounds.

Coyotes will feed on almost anything, from huge carcasses to small rodents, from berries to insects. Hare is one of their principal foods .

Man has disliked coyotes for reasons that are most of the time unfounded.

 

 

 

 

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Les pistes du coyote

Mathieu Dumond,
Étudiant M.Sc., Université de Moncton
novembre 1998

c.gif (365 bytes)'est l'hiver… le 21 janvier 1996, 10h00... La neige poudreuse étouffe le bruit de mes raquettes… Quelques minutes de marche sur cette rivière gelée et j'en vois plusieurs… Ils sont trois… Difficile de différencier mâles et femelles, adultes et juvéniles dans la neige mais les traces sont fraîches...

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Mathieu Dumond capture un coyote dans la région du Parc national de
Kouchibouguac
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(photo: Mathieu Dumond)

Depuis maintenant 3 ans j'étudie avec passion l'écologie du coyote (Canis latrans) dans la région du Parc national Kouchibouguac. Le coyote appartient à la même famille (Canidés) que le loup, le renard, le chien domestique. On le trouve en Amérique du Nord et en Amérique Centrale, du Pacifique à l'Atlantique et du Costa Rica jusqu’en Alaska. Morphologiquement, le coyote est intermédiaire entre le renard et le loup. Il a un corps plus massif et plus haut sur pattes que le renard. Il a des oreilles et un museau plus effilés que le loup et sa taille varie d'une région à l'autre.

Dans les Maritimes, le coyote de l'Est est l'une des plus grosses sous-espèces, mesurant généralement entre 50 et 55 cm aux épaules pour environ 90 cm en longueur, en plus d’une queue de 35 cm. Son poids varie en général entre 10 et 20 kg.

La saison des amours se trouve aux mois de janvier et février. À ce moment, on aperçoit fréquemment les pistes de plusieurs coyotes, souvent celles d’une femelle et de plusieurs courtisants. Pour les couples formés depuis plusieurs années, seul le mâle pourra s'accoupler et ce malgré le harcèlement de nouveaux prétendants. Certains couples sont fidèles jusqu'à la mort d'un des partenaires.

L'accouplement aura généralement lieu entre la fin janvier et le début mars (durant cette période, la fréquence des hurlements augmente car chacun affirme sa présence sur un territoire ou cherche à établir des contacts avec ses congénères). Dans une tanière, au mois d’avril ou de mai et après 60 à 63 jours de gestation, la femelle donnera naissance à un nombre de petits situé entre 3 et 8. Le nombre de petits dépend, entre autres, de la santé de la mère, de la nourriture disponible et de l’intervention l'humaine (plus le coyote est chassé, plus il reste de nourriture pour les survivants, qui, par conséquent, pourront avoir plus de petits). La tanière peut être un terrier dans le sol ou bien un abri dans un arbre creux ou sous des roches. La femelle déniche généralement plusieurs tanières à l'intérieur de son territoire pour déplacer ses jeunes en cas de danger.

Dans les zones d'aulnes, on déduit d’après les pistes laissées que les coyotes se séparent et patrouillent les lieux à une distance de 10 à 15 mètres l'un de l'autre. Les coyotes le « savent » ; c'est un bon habitat pour trouver du lièvre, une de leurs proies principales. On peut apercevoir des pistes de lièvres partant dans tous les sens et un peu plus loin, quelques poils, un peu de sang… Le dîner est servi.

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(photo: Mathieu Dumond)

Les coyotes sont des prédateurs opportunistes et se nourrissent d’un peu de tout. Ils mangent ce qu'ils trouvent, parfois cherchant spécifiquement des proies plus faciles à attraper. Ainsi, l'alimentation des coyotes varie beaucoup entre les régions et d'une saison à l'autre.

Dans nos régions, en hiver, le choix est limité et ils vont essentiellement manger du lièvre, de l'écureuil, du porc-épic, du cerf ou bien de la charogne : orignal, cerf, ours, etc. Au printemps, leur régime alimentaire se diversifie, et ce, jusqu'à l'automne. On trouve alors dans leur diète toutes les espèces précédentes mais aussi du castor, des petits rongeurs (souris, mulots, campagnols, tamias, etc.), des insectes et des fruits. En été les fruits et les insectes peuvent représenter jusqu'à 50% de l'alimentation du coyote. Durant cette période, les coyotes peuvent rester tranquilles et attraper des sauterelles, picorer des bleuets ou d’autres baies dans les milieux ouverts. En automne, lorqu'ils en trouvent, les pommes constituent d’excellents festins. Et puis, en toutes saisons, les coyotes savent profiter des opportunités offertes par l'être humain. Ainsi, on trouve parfois dans l'alimentation du coyote des animaux domestiques, du poisson, des déchets et même de la nourriture pour chien.

Les petits sont sevrés au bout d'environ un mois (juin et juillet), après quoi ils consomment la nourriture régurgitée par les parents. Durant l'été, les jeunes commencent à suivre leurs parents, formant de petits groupes familiaux que l'on peut entendre communiquer par divers gémissements, jappements, aboiements et hurlements. Au début de l'automne la fréquence des hurlements augmente. Les jeunes qui commencent à trouver leur indépendance communiquent ainsi entre eux et avec leurs parents.

À la fin de l'automne, moins de 50% des jeunes seront encore en vie. Chanceux sont les individus qui traversent le premier hiver car les causes de mortalité sont nombreuses (prédation des autres carnivores, maladies et parasites, collision avec un véhicule, chasse, trappe, ainsi de suite). Les causes de mortalité liées à l'être humain représentent la majorité des risques auxquels est exposé le coyote. Considéré comme concurrent des chasseurs, prédateur d'animaux domestiques et même dangereux, le coyote a été persécuté dès l'arrivée des européens en Amérique, tout comme le loup et les autres grands carnivores.

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(photo: Mathieu Dumond)

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Durant l'été de 1997, Mathieu fait le pistage des coyotes grâce aux colliers émetteurs.
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Avec ses capacités d’adaptation, le coyote a su profiter de la diminution des autres carnivores en prenant leur place et en étendant ses territoires. Il s'est adapté aux différents habitats, de la ville aux déserts, en passant par les plaines, par la forêt tempérée et boréale. Dans l'est du Canada, la densité des coyotes se situe de 1 à 2 individus pour 10 km; ce qui est bien inférieur à leur densité dans le Middle West américain, où l'on peut compter jusqu'à 2 coyotes par km2. Mais comme la plupart des prédateurs, la densité des coyotes varie en fonction de la densité des proies. Un équilibre dynamique s’établit ainsi. Dans les Maritimes, le coyote n'est commun que depuis les années 70. Cela a entraîné une perturbation de l'écosystème, qui se rééquilibre progressivement. Il faut donc laisser au coyote et à ses proies le temps de trouver leur équilibre.

Le coyote fait également partie de notre économie puisqu'il est piégé pour sa fourrure. Le coyote a généré au Nouveau-Brunswick ces dernières années un commerce d'environ 30 000 $ à 40 000 $ par an, avec des maximums de plus de 60 000 $ dans les années 80 (d’après une estimation des exportations de fourrures). Ce point est d'autant plus important que, mis à part les zones d'élevage où les coyotes peuvent être la cause de réels problèmes, le commerce de la fourrure est la seule raison valable justifiant l’activité des trappeurs. En ce qui concerne la protection du gibier (cerf, lièvre, perdrix, etc.), une meilleure gestion des activités humaines (par exemple les coupes forestières et la chasse) serait bien plus efficace et plus durable que la destruction à la fois coûteuse et inutile du coyote. De plus, bien que de taille raisonnable, le coyote ne présente pas de réel danger pour l'être humain et les cas où il attaque sont extrêmement rares. Un seul cas de mortalité est documenté dans les environs de Los Angeles. Le coyote peut également servir d’attraction touristique dans certains parcs et contribuer ainsi à l’économie.

En somme, le coyote est un animal passionnant au comportement surprenant, qui a son importance, à la fois écologique et économique.

Ce 21 janvier 1996... le soleil se couche sur la rivière de neige... Une journée de terrain s'achève…