Decline and Malformations in
Amphibians

The scientific community has been trying to understand why frog populations are declining and numbers of deformed frogs are increasing on our planet. Since 1995, large numbers of deformed frogs have been found in wetland areas in Minnesota and elsewhere. There are many factors that could be the cause of the abnormalities. Biologists surveying frog populations have never seen abnormalities to the extent they are now. Julie Paquet increases our awareness by providing some facts and information on the deformed frogs and how pesticides may be to blame. Deformed frogs have been found in Canada, United States, Japan, India and Australia, to name a few places. The direct causes of the malformations are still unknown, therefore leaving the source of the problem a mystery, for now.

Déclin et malformations d’amphibiens

   Julie Paquet
   MSc Candidate
  Atlantic Cooperative Wildlife Ecology Research Network
  Biologie, Université du Nouveau-Brunswick
   janvier 1999

d.gif (371 bytes)epuis 1993, la communauté scientifique cherche à comprendre pourquoi les populations d’amphibiens sont en déclin partout sur la planète. En 1995, la découverte de nombreuses grenouilles difformes dans un marais du Minnesota a orienté une nouvelle vague de recherche portant sur la cause des malformations et le lien entre ces malformations et le déclin des populations.

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(photo: Minnesota Pollution Control Agency)

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Grenouille ayant seulement un oeil
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Cependant, les opinions à ce sujet sont partagées. Certains chercheurs conseillent la prudence avant d’aboutir aux conclusions. Ils expliquent qu’il y a trop peu d’études à long terme sur la dynamique des populations d’amphibiens pour conclure qu’il y a un réel déclin. Ils maintiennent aussi que les références sont insuffisantes pour établir le niveau naturel des malformations au sein d’une population de grenouilles, ce qui rend impossible la comparaison avec les niveaux actuels. Les malformations peuvent inclure des membres supplémentaires (ex. cinq ou six pattes), l’absence de membres (pattes ou yeux), des mandibules de taille réduite, des testicules trop petites, des systèmes digestifs anormaux, etc.

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(photo: Minnesota Pollution Control Agency)

Depuis 1740, on documente des amphibiens difformes partout dans le monde : États-Unis, Canada, Pérou, Angleterre, Allemagne, Japon, Inde et Australie du Sud. Malgré le fait que les rapports d’amphibiens difformes ont augmenté ces dernières années, on ne peut pas conclure que nous connaissons une vague de malformations extraordinaire. En fait, l’augmentation n’est pas inhabituelle, puisque les rapports publiés d’amphibiens anormaux ont souvent fluctué lors des 300 dernières années. Cependant, par intérêt pour la santé publique, plusieurs agences gouvernementales et groupes universitaires ont entrepris des recherches pour déterminer si la cause des malformations pouvait être la conséquence d’une situation anormale (ex : pollution), indiquant une menace possible pour la santé humaine.

Un grand nombre de facteurs sont soupçonnés de causer des malformations. Parmi ceux-ci, ont retrouve en particulier les parasites (trématodes), les rayons UV-B et la contamination toxique (biocides, métaux lourds et acidification). Les trématodes, un type de ver parasite, utilisent les larves de grenouille comme hôte intermédiaire dans leur cycle de vie. Les cystes, implantés dans l’embryon, causent des malformations lors du développement embryonnaire (Sessions et Ruth, 1978), ce qui peut mener aux malformations observées. L’amincissement récent de la couche d’ozone a été lié au risque d’accroissement de cancer de la peau et de cataractes chez l’être humain. Il a été prouvé que les rayons UV-B affectent la survie des embryons amphibiens (Kiesecker 1997, Pedraza et Lizana 1996) et causent des difformités chez les têtards en développement (Blaustein et al. 1997). De nombreux tests en laboratoire ont prouvé que des produits toxiques comme les pesticides ou les métaux lourds pouvaient affecter la survie et causer des malformations chez les amphibiens. Par contre, aucune étude scientifique publiée n’a pu établir le lien entre un haut taux de difformités et un milieu contaminé sur le terrain.

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(photo: Minnesota Pollution Control Agency)

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Patte arrière manquante
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Il existe plusieurs anecdotes qui auraient tendance à supporter l’hypothèse des biocides. En Ontario, au Parc National de Pointe-Pelée, on retrouvait 12 espèces de grenouilles dans le passé, les mêmes qu’au Holiday Beach Conservation Area. Par contre, il ne reste plus que 5 espèces à Pointe-Pelée, alors qu’à Holiday Beach, les douze espèces existent encore. Dans le but de comprendre pourquoi, des chercheurs ont analysé les tissus de grenouilles provenant des deux parcs et ont trouvé que les grenouilles de Pointe-Pelée contenaient de 5000 à 47000 ug de DDE par kg alors que celles de Holiday Beach contenaient en moyenne 6 ug de DDE par kg. Au Sri Lanka, les populations de grenouilles quasi inexistantes ont explosé lorsque les plantations de thé adjacentes n’étaient plus traitées aux herbicides. Le même phénomène s’est produit dans une ferme du Michigan. Au Patuxtent Wildlife Research Centre on a trouvé que l’Abate (un insecticide utilisé pour contrôler les maringouins dans les zones marécageuses) ralentissait grandement la croissance des têtards. Il existe de nombreux récits de ce genre, mais, malheureusement, aucune étude solide qui établit un lien entre des grenouilles difformes et un milieu contaminé par des pesticides ou d’autres produis toxiques n’a été publiée jusqu’à présent. Martin Ouellet, qui étudie les amphibiens le long du St-Laurent depuis 7 ans, a peut-être enfin trouvé le lien. Récemment, il a observé qu’au Mont St-Hilaire, sur une terre ou aucun pesticide n’a été appliqué depuis des dizaines d’années, seulement 1 % des grenouilles étaient difformes alors que sur une terre régulièrement arrosée, 12 % des grenouilles étaient difformes. C’est la première fois que l’on peut observer directement l’effet de contaminants sur une population de grenouilles.

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(photo: Minnesota Pollution Control Agency)

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Patte arrière manquante
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Une chose est certaine, les populations d’amphibiens connaissent un déclin frappant partout dans le monde. Plusieurs causes ont été suggérées et certaines sont soutenues par des études en laboratoire. Mais jusqu’à ce jour, aucune n’a été vérifiée par une étude sur le terrain dont les résultats ont été disponibles et exposés à la critique par la communauté scientifique et par le publique. Selon Martin Ouellet, les pesticides constitueraient fort probablement la cause du déclin, mais nous devrons attendre la complétion de l’étude avant de pouvoir tirer des conclusions et porter des accusations

Les photos:  Minnesota Pollution Control Agency

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