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Bennett Environmental: The Bleeding Dragon

Bennett Environmental Inc, the company that wants to install a toxic waste incinerator in Belledune, New Brunswick, could face serious financial difficulties by the end of the year. Accodring to author Florian Levesque, this is very encouraging to those who have fought against Bennett and the provincial government since 2003.

Over the last few years, this difficult situation has posed a great learning opportunity for Levesque. For example, although Levesque's group met repeatedly with the Minister of Environment to prove that Bennett's test burns, which showed that they posed no risks to human health or the environment, were not valid, the Minister always acted in favour of the company, instead of for New Brunswickers and the environment.

Levesque asks himself why all of his group's scientific, legal, economic, moral, and social arguments went unheard. The answer is very simple: where there is pollution, there is corruption. Nonetheless, Levesque and his group will keep fighting against Bennett and the provincial government until they win.

 

Bennett
Environmental :
un dragon qui saigne

Florian Levesque
Environnement Vie
décembre 2007

a situation de Bennett Environmental Inc., une compagnie qui veut installer un incinérateur de déchets toxiques à Belledune au Nouveau-Brunswick, présage que l'entreprise pourrait éprouver de sérieuses difficultés financières d'ici la fin de l'année si les dirigeants ne parviennent pas à trouver de nouveaux contrats pour alimenter leurs installations. Bennett possède des incinérateurs et des usines des traitements des sols contaminés de déchets toxiques à Saint-Ambroise au Québec, à Belledune au Nouveau-Brunswick, à Cornwall et à Kirkland Lake en Ontario.

En juillet dernier, la compagnie a annoncé, à la suite d'un autre déficit, que l'avenir de la compagnie était compromis. Cet été, Bennett a annoncé la réouverture de ses installations de Cornwall, de Kirkland Lake et de Saint-Ambroise. Toutefois, à lire la documentation rendue publique par l'entreprise, il est difficile de savoir si ces réouvertures ont duré longtemps ou si les installations ont rempli de petits contrats pendant de courtes périodes de temps.

Ce qui est certain, c'est que la compagnie traverse de sérieuses difficultés financières et que l'argent pourrait manquer d'ici la fin de l'année 2007. Les investisseurs et les citoyens qui luttent contre Bennett attentent avec impatience l'annonce des résultats pour le 3e trimestre. Si la compagnie enregistre encore des pertes, cela signifiera que le montant d'argent en banque sera une fois de plus grugé, hypothéquant sérieusement l'avenir de la compagnie.


(Photo : CBC News)

Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, mais le contexte actuel est très encourageant pour ceux et celles qui luttent depuis 2003 contre cette compagnie et le gouvernement du Nouveau-Brunswick qui soutient sans fléchir cette compagnie.

Même si la lutte est loin d'être terminée, je dois avouer que ce combat m'a procuré de nombreux enseignements. Le dernier est la saga qui a entouré les tests de brûlage de la compagnie qui a cherché à prouver au cours de ses essais que les installations de Belledune ne posaient aucun risque à la santé de la population ni à l'environnement puisque les essais ont démontré que l'usine de Belledune rencontrait les normes gouvernementales.

Malgré les rencontres que nous avons eues avec le ministre de l'Environnement, Roland Haché, pour lui démontrer que les tests de brûlage de la compagnie n'étaient pas valides scientifiquement, ce dernier n'a pas hésité à approuver les essais de la compagnie. Pourtant, les dirigeants de l'entreprise n'ont pas brûlé des contaminants qui sont représentatifs de ce que l'usine pourrait incinérer si elle obtient son permis. Malgré nos objections, Roland Haché a accepté les tests de la compagnie. Bennett n'a plus qu'à présenter un plan de mesures d'urgence et à déposer un montant d'argent pour obtenir son permis d'exploitation pour l'usine de Belledune. C'est quand même aberrant de se retrouver dans une telle situation.


(Photo : Florian Levesque)

Ce qui est frappant dans ce dossier, c'est le fait que le gouvernement du Nouveau-Brunswick au lieu de protéger l'intérêt de la population et de l'environnement a toujours agi pour favoriser les intérêts financiers de la compagnie, même au risque de nuire à la santé de la population de la région de la Baie des Chaleurs.

Cela me pousse à me poser de nombreuses questions sur le rôle que jouent les politiciens que nous élisons à l'Assemblée législative ou au Parlement du Canada. Comment peut-on expliquer que tous nos arguments scientifiques, juridiques, économiques, moraux et sociaux ont été balayés du revers de la main par nos politiciens qui préfèrent courir le risque de perdre leurs élections plutôt que nous défendre? Le cas du député de Nigadoo-Chaleurs dont le village de Belledune fait partie de sa circonscription est particulièrement frappant. Lors des élections, il a placé des pancartes stipulant qu'il s'engageait à nettoyer les sols de Belledune s'il est élu.


Tous nos arguments scientifiques, juridiques, économiques, moraux et sociaux ont été balayés.
(Photo : F
lorian Levesque)

Le ministre de l'Environnement est donc au courant de la contamination présente sur le territoire de Belledune et malgré ce fait qu'il reconnait, il consent en tant que ministre de l'Environnement à permettre aux installations polluantes de Bennett d'ajouter à la contamination de la région de Belledune! Comment comprendre le raisonnement du député et ministre de l'Environnement.

Il y a une réponse à ce paradoxe.

Je me souviens du discours que Paul Connett, chimiste de New York a prononcé à Belledune, il y a près de 4 ans. Il nous avait expliqué le processus d'incinération et les émissions de dioxines et de furannes qui sortent de la cheminée quand on brûle des BPC. Monsieur Connett avait conclu sa présentation en disant que LÀ OÙ IL Y A DE LA POLLUTION, IL Y A DE LA CORRUPTION.

Aujourd'hui, après ces quatre années de lutte et la sourde oreille que nous avons reçues chaque fois que nous avons présenté nos arguments aux politiciens au pouvoir (libéraux ou conservateurs), je crois qu'il est fondamental pour le mouvement environnemental de ne plus développer des arguments portant sur les seuls faits en santé ou en environnement.

Il faut se porter à l'attaque pour savoir qui sont les acteurs politiques et financiers qui soutiennent des projets économiques. Il faut démêler l'écheveau des liens financiers, politiques et économiques qui relient les principaux partenaires. Il faut savoir quand les entrepreneurs rencontrent les politiciens. Il faut chercher à découvrir la nature de leurs discussions et de leurs négociations.

En ce moment, c'est la filière que nous cherchons à remonter dans le dossier Bennett. Quand nous y arriverons, je crois que nous pourrons pour de bon enfoncer l'épée dans le cœur de ce dragon agonisant. Quand ce jour arrivera, il y aura des politiciens et des gens d'affaires qui regretteront leur association avec la compagnie Bennett Environmental Inc.

Tant que ce jour n'arrivera pas, nous n'arrêterons pas notre lutte contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et la compagnie Bennett Environmental Inc. Nous ferons la lumière concernant ce dossier. Quand nous trouverons tous les éléments qui nous manquent en ce moment, la population sera informée de nos conclusions.