Issues concerning the causeway on the Petitcodiac River

For over 30 years there has been debate as to whether or not the causeway linking Moncton and Riverview is a good idea.

Presently, after the decimation of the Atlantic Salmon population and the sedimentation and restriction of water flow on the river side, an environmental impact audit (EIA) is being conducted by the provincial and federal governments. 

In this article, Eric Arsenault of the Petitcodiac Watershed Monitoring Group, asks what is the cause of the political stagnation surrounding decision making on this issue. Why are we conducting yet another study after there has been more than 250 studies conducted over the past two decades. Is it because of a lack of political initiative, a lack of information or a lack of will on the part of the citizens? 

There is a strong interest in keeping the Petitcodiac Lake intact because since the causeways construction an ecosystem has developed that those that line its shores depend on. However, fearing another decade of indecision and inaction citizens must urge their elected representatives to act now and resolve the Petitcodiac Causeway debate.

Les enjeux entourant le pont-chaussée de la rivière Petitcodiac, un bref aperçu


Eric R. Arseneau
Coordonnateur du Groupe de Surveillance 
du Bassin de la Petitcodiac (GSBP)
Aôut 2002

a rivière Petitcodiac située dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, autrefois reconnue pour son mascaret, est de nos jours connue pour son pont-chaussée «causeway» qui relie la ville de Moncton à celle de Riverview. 

Causeway
(photo: Eric Arseneau)

Cette structure qui fut construite dans les années 60 a modifié de façon dramatique la dynamique de la rivière Petitcodiac.  Un rétrécissement important de la rivière, une sédimentation importante en amont et en aval du pont-chaussée ainsi qu’une décimation de la population du saumon de l’Atlantique dans la Petitcodiac font partie des impacts directs observés suite à sa construction.  À l’heure actuelle, une étude d’impact environnemental (ÉIE), faite conjointement entre les autorités fédérale et provinciale, tente une fois pour tout de régler la controverse du fameux pont-chaussée. 

En plus du pont-chaussée, il y a plusieurs autres enjeux environnementaux importants qui menacent l’écosystème de la rivière Petitcodiac. Ceux-ci sont souvent mis à l’écart, à cause des inquiétudes que pose le pont-chaussée.  Par exemple, l’urbanisation, l’agriculture et la foresterie sont d’autres activités qui ont des impacts soit directs ou indirects sur l’écosystème de la rivière Petitcodiac.  Ce court article tentera d’explorer les différents enjeux environnementaux, politiques et sociaux qui entourent cette rivière.

La rivière Petitcodiac fait partie d’un écosystème qui englobe une superficie de plus de 3000 km², incluant une partie de la Baie de Shepody.  En 1968, un pont-chaussée construit conjointement par le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral, a perturbé la dynamique de cet écosystème.  Bien avant l’installation du pont-chaussée, à l’époque de la colonisation par les Acadiens, les berges de la rivière Petitcodiac étaient modifiées par la construction de digues.  Ces structures étaient utilisées pour récupérer les terres fertiles qui étaient souvent inondées par la rivière Petitcodiac.  Il est donc important de noter, que la forme actuelle de la Petitcodiac n’est pas seulement due au pont-chaussée, mais est en réalité le résultat de plusieurs siècles de modifications par l’être humain et aussi des changements constants par dame nature.  

========     Esturgeon     ========

(photo: Eric Arseneau)

Plus de 251 rapports publiés ou non-publiés, au sujet de la biologie aquatique et de l’habitat de la rivière Petitcodiac ont été répertoriés (Locke et al. 2000).  Pourquoi donc, étudions-nous encore la rivière Petitcodiac en 2002?  Et pourquoi cette stagnation au niveau de la prise de décision?  Trois facteurs sont proposés, soit un manque d’information de base au sujet des processus naturels influençant la rivière Petitcodiac en aval du pont-chausée, soit un manque de volonté politique et finalement, soit un désengagement de la population environnante.  Dès 251 rapports publiés, il y en a qu’une poignée qui tente d’expliquer les effets du pont-chaussée sur l’écosystème de la Petitcodiac et aucune d’entre elles explique les impacts socio-économiques, soit du maintien ou de l’enlèvement du pont-chaussée.  Par exemple, est-ce que l’ouverture permanente du pont-chaussée va avoir un impact sur les bancs de pêche retrouvés dans la région d’Alma?  Est-ce qu’il va y avoir plus d’inondations en amont du pont-chaussée si celui-ci est enlevé ou ouvert ?  Qu’en adviendra-t-il de l’ancien dépotoir de la ville de Moncton qui longe la rivière Petitcodiac?  Ce ne sont là que quelques questions auxquelles nous devons répondre avant de prendre des décisions.  L’étude d’impact environnemental (ÉIE), qui est présentement en cours, a pour but d’étudier et de mieux comprendre toutes ces questions reliées à la modification du pont-chaussée.

Des trois facteurs mentionnés ci-haut, le facteur politique est celui qui a reçu le plus d’attention depuis le début de cette controverse.  Plusieurs clans se sont formés et ont pris position au sujet du pont-chaussée.  D’un coté nous avons les clans qui demandent la restauration complète de la rivière et de l’autre, nous avons les clans qui veulent le maintien du statu quo (maintien du pont-chaussée).  À ce niveau, chacun des clans a leur propre portée politique.  À titre d’exemple, un groupe de citoyens souhaite maintenir le statu quo car ils disent que le lac créé à la suite de la construction du pont-chaussée est un écosystème et que, si nous le vidons, nous le détruirons.  Est-ce que c’est un argument valable?...je pense que oui, mais il est fort probable qu’il est basé sur des intérêts plutôt économiques qu’environnementales puisque la haute valeur foncière des terrains entourant le lac dépend de son existence.  Lorsque nous avons un bassin de population qui est divisé en plusieurs clans, comme il est le cas pour la rivière Petitcodiac, plusieurs intérêts politiques se mêlent au débat et c’est à ce niveau que la volonté politique entre en jeu.  Au niveau fédéral, il serait bien vu de restaurer une rivière comme celle de la Petitcodiac, tandis qu’au niveau provincial et municipal, une décision de ce genre aurait peut-être des répercussions sur un conseil de ville ou sur la popularité d’un député.  


(photo: unknown photographer) 
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Dauphin
à flancs
blancs

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Bref, le dernier facteur proposé ci-haut est probablement celui qui touche de plus près le public, soit sa dissociation avec le dossier de la rivière Petitcodiac. Le débat entourant la rivière Petitcodiac dure depuis plus de 30 ans.  Au fil des ans, plusieurs discussions, études et débats ont eu lieu au sujet du pont-chaussée de la rivière Petitcodiac.  Il est clair que les gens sont tout simplement fatigués d’entendre parler du pont-chaussée et des enjeux qui l’entourent.  Sans le vouloir, ce manque d’intérêt contribue à la stagnation du dossier.  Si les effets du pont-chaussée sur l’écosystème de la rivière Petitcodiac ne font pas partie des préoccupations importantes de la population, alors aucune manœuvre politique sera entreprise pour régler ce fameux débat.  Que faire pour s’assurer que l’ÉIE, qui est présentement en cours, aboutisse à des résultats concrets?  La population doit répéter aux élus politiques de la région qu’ils veulent avoir une résolution concrète et rapide une fois pour tout, car en fin de la journée, les décisions pouvant mener à terme cette étude découleront sans doute d’une décision politique.

En conclusion, l’état actuel de la rivière Petitcodiac laisse à désirer à plusieurs niveaux.  L’urbanisation de ses affluents, les effets du pont-chaussée sur l’accumulation de sédiments qui semble s’accentuer d’année en année, l’extinction de mollusques, la décimation de population de salmonidés, la prolifération d’espèces fauniques/végétales, exotiques, etc. sont tous des phénomènes préoccupants.   Par contre, il est clair que cette rivière n’a pas dit son dernier mot.  Lorsque l’on retrouve des dauphins et des esturgeons qui à ce jour cherchent encore à remonter cette rivière, tout est encore possible!  Un jour peut-être ces espèces reviendront peupler les eaux brunes de la rivière Petitcodiac.

 

Référence :  
Locke, A. et R. Bernier. 2000.  Annotated bibliography of aquatic biology and habitat of the Petitcodiac River system, Nouveau-Brunswick. Can. Manuscr. Rep. Fish. Aquat. Sci. No. 2518 : iii + 162pp.