Governance in a rural setting : ambiguous feelings and slow progress!

Not being an official municipality of New Brunswick , public services in Cocagne are becoming increasingly inadequate for dealing with their many concerns. Contributing to this problem is the difficulty in organizing citizen groups in rural communities.

Previously, school and church groups provided a means for this organization, however, over the past 20 years their sphere of influence has diminished leaving citizens in rural communities with less of a voice.
After having voted against incorporation in 1970.
Cocagne has watched other municipalities such as Bouctouche and St. Antoine grow and develop over the years.

Faced with large deficits and little political voice, Cocagne is  beginning to reconsider its future. Cocagne is now participating in initiatives to renew its local government structures in order to be able to deal with its needs efficiently while avoiding large deficits. These structures intend to protect the riversides of Cocagne, its water and would establish more green spaces while giving back to Cocagne the sense that it is in charge of its own destiny.

La gouvernance en milieu rural : Mi figue, mi raisin.
Et ce n'est pas de la tarte!


Cécilia Cormier
éco-citoyenne
Aôut 2002

n réalise qu’une collectivité ne dispose pas des structures nécessaires à sa prise en main lorsque c’est sa chambre de commerce qui doit s’occuper de faire part au gouvernement des inquiétudes de sa population au sujet de la qualité de l’eau potable.»


(photo:
Cécilia Cormier)

Et Aurèle Dallaire est bien placé pour faire cette affirmation. Depuis son élection en l’an 2000 comme président du district des services locaux de Cocagne, cet enseignant à la retraite ne passe pas une semaine sans qu’on lui présente une question, un problème qu’il n’a tout simplement pas les moyens de régler, sinon même traiter.

Que ce soit les chiens qui aboient, les voisins qui ne coupent leur gazon, ou encore les gens qui vident leurs égouts directement à la mer, les gens s’attendent à ce que le district des services locaux puisse régler tous ces problèmes – et ce n’est certainement pas le cas. D’ailleurs, dans les régions non constituées en municipalité de la province, il est extrêmement difficile de s’organiser, et des collectivités comme Cocagne sentent un urgent besoin de le faire.

Traditionnellement, les collectivités rurales s’organisaient surtout à partir de l’entité religieuse – la paroisse -- sur laquelle elles dépendaient pour toute orientation, que ce soit au niveau de l’éducation, des oeuvres de bienfaisance, des activités sociales et même des sports. Et les écoles (catholiques dans les régions acadiennes) prenaient une part active à cette orientation. Depuis une vingtaine d’années, ces deux sphères d’influence ont beaucoup diminué en importance, alors que les polyvalentes ramassent les élèves des paroisses environnantes, que l’Église traditionnelle n’a plus les ressources humaines pour exercer son rôle de leader communautaire et que nos collectivités, surtout celles en périphérie de villes comme Moncton, ont acquis une certaine «urbanité».

Cocagne, un village de 2 700 habitants, voit sa population presque doubler pendant les mois d’été en raison des milliers de vacanciers qui viennent goûter les délices de ce beau village côtier. Ayant voté contre l’incorporation dans les années 1970, Cocagne a vu les paroisses voisines comme Bouctouche et Saint-Antoine se développer, prendre de l’ampleur, avec leurs trottoirs, leurs systèmes de traitement des égouts et d’approvisionnement en eau. Et aussi, leurs Tim Horton et leurs Burger Kings.  


(photo: NBEN-RENB)

Cocagne est donc à la croisée des chemins. Avec une évaluation foncière d’environ 75 millions de dollars, il est certain que, si la collectivité le demandait, elle pourrait acquérir le statut de municipalité. Mais les gens de Cocagne ne sont pas convaincus des avantages de l’incorporation. D’ailleurs, de nombreuses petites villes du Nouveau-Brunswick ne sont-elles pas aux prises avec des déficits et autres problèmes qui les amènent à reconsidérer une décision qui, il y a vingt ans, leur avait semblé judicieuse?

C’est donc pour cette raison que lorsque le ministère de Kim Jardine a demandé au président du district des services locaux de Cocagne de participer à un groupe de concertation sur l’avenir de la gouvernance locale au Nouveau-Brunswick, celui-ci a accepté avec grand enthousiasme. Nous avons vu dans cette occasion la chance de participer au processus de renouvellement des structures de gestion locale qui dans leur état actuel, n’arrivaient pas à la cheville des besoins complexes d’une collectivité comme Cocagne.

Les questions qui touchent nos collectivités rurales, si elles n’ont pas l’ampleur des préoccupations comme celles des villes plus importantes comme Moncton et Saint-Jean, exigent toutefois qu’une structure efficace soit en place pour permettre à la population rurale de se gérer elle-même, sans toutefois tomber dans le panneau des déficits municipaux. Parmi ces questions, il y a l’inventaire des nappes phréatiques, pour protéger notre approvisionnement en eau; il y a aussi la mise de côté de certaines parties des rivages pour que tous les gens puissent avoir accès à l’eau et à la plage sans avoir à stationner sur le terrain d’un voisin; des espaces verts communautaires; un mécanisme de règlement des conflits (très important dans les régions côtières où certains propriétaires de chalets déversent leurs eaux usées directement dans la mer, par exemple); un mécanisme aussi qui permettrait de consolider les efforts des bénévoles et un programme intégré pour les jeunes. 

Enfin, il devrait y avoir une structure possible qui nous permettrait de prendre une part plus active à l’affection des impôts perçus sur notre évaluation de 75 millions de dollars, sans nécessairement à avoir à payer davantage d’impôts fonciers. Une telle structure nous permettrait de conserver les caractéristiques rurales qui donnent leur cachet particulier à des villages comme Cocagne et Grande-Digue, tout en nous dotant de services publics qui nous permettraient de sentir que nous avons au moins une certaine emprise sur notre destin.  


(photo: Domaine-sur-Mer)

À Cocagne, nous attendons tous avec impatience les résultats de la table ronde sur l’avenir de la gouvernance locale au Nouveau-Brunswick.

Bien écosympatiquement!