Natural Glazier Lake

Over the past fifty years, Glazier Lake has managed to retain its wild character. Nestled in the northwestern panhandle of New Brunswick, this area has experienced recent ecotourism developments. Yves Carrier, president of the Glazier Foundation, discusses these developments. From canoeing expeditions, to nature hikes; the challenge now is to increase public interest and to convince more people of the pleasures and benefits of ecotourism.

Le Lac Glazier
à l'état naturel

Yves Carrier, président de La Fondation Glazier
Février 1998

aisant frontière entre le Maine et le Nouveau Brunswick sur les hautes terres du St-Jean, miroite un lac splendide qui semble avoir échappé à l’urbanisation du vingtième siècle. Depuis l’aube des temps le bassin hydrographique de la rivière St-François a été habité, mais son caractère sauvage n’a été que très peu détérioré par la présence humaine. Les Malécites y ont vécu dans le plus grand respect des richesses du territoire. Au dix-neuvième siècle, nos ancêtres venus d’Europe ont récolté dans ses immenses forêts de pins et quelques familles y ont habité de façon temporaire. Depuis les cinquante dernières années, le lac Glazier a retrouvé son caractère sauvage, constituant un des plus riches écosystèmes de la province. Pendant combien de temps pourrons-nous protéger cette vallée du sort de bien d’autres sites enchanteurs qui ont été sacrifiés sur l’autel du développement économique à court terme ? En raison de son caractère unique, ce lac peut-il devenir l’orgueil de toute la région, ou ressemblera-t-il avec les années à tous les autres endroits de villégiatures étouffés par un développement peu soucieux de la faune et de la flore indigène?

Le Camping Écologique du Lac Glazier existe actuellement, et est prêt à recevoir les utilisateurs. Il y a douze places pour roulottes, avec eau courante et réservoir fermé pour les égouts. Le sous bois peut accueillir un nombre important de tentes. Il y a un service de toilettes sanitaires, et un mini-centre de recyclage avec composteur pour les déchets organiques. Il n’y a pas de poubelles, les utilisateurs doivent rapporter les déchets non recyclables. Notre site comprend une aire de pique-nique avec 20 tables dont dix sont recouvertes. Un sentier d’interprétation y a été aménagé sur un kilomètre et demi. Très peu y a été dérangé et les abris ont été construits avec les arbres morts du site. Tout en se baladant dans notre « Jardin Botanique Sauvage », les promeneurs peuvent apprécier l’écosystème naturel d’une forêt vivante. Éventuellement nous pourrons y accueillir des groupes pour des randonnées guidées et ainsi créer de l’emploi pour des naturalistes, formés dans l’interprétation des Hautes Terres du St.-Jean.

Brume au-dessus du lac Glazier
  Mist over Glazier Lake
(Photo: Yves Carrier)

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le lac Glazier a retrouvé son caractère sauvage
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Dans l’optique de la fête du Canada, la fondation a organisé l’été dernier deux jours de camping pour vingt-huit adolescents de la région. En plus du soleil, de la baignade et de la camaraderie, avec l’aide de moniteurs, ils ont eu droit à un tour guidé en canots. Ils ont également bénéficié d’activités d’interprétation de la nature et de survie en forêt tenues par des agents du ministère des Ressources naturelles. Le tout s’est terminé par une célébration de la Fête nationale. L’expérience a été fructueuse, et nous prévoyons organiser trois semaines de colonie de vacances l’été prochain pour ainsi donner la chance à plus de jeunes de découvrir les plaisirs du camping parmi les aigles, les originaux, et les chevreuils qui habitent ces lieux enchanteurs et pleins de secrets.

Au début de juillet, toute la population a été invitée à une descente de rivière en canot qui s’est étendue sur deux jours, naviguant la St-François et le St-Jean du lac Glazier à Edmundston sur deux. L’expédition a bénéficié des campings riverains du Lac Glazier et du Site historique de Clair. Un système de transport a été planifié et les repas ont été offert par différents organismes de la région à un prix modique. Tous les participants ont été agréablement surpris par les paysages pittoresques qu’offrent ces plans d’eau de chez nous, trop souvent oubliés et négligés comme destination de canot camping. Malgré un nombre restreint de participants, cette activité a beaucoup fait jaser et l’an prochain bien des adeptes prévoient y participer. Plus les gens se serviront de ce fleuve majestueux, plus ils l’aimeront et plus ils verront à le protéger.

Le premier Écodéfi des Maritimes s’est déroulé du 18 au 20 juillet 1997. La chance a joué contre nous, le nombre de compétiteurs était beaucoup plus petit que prévu, cependant l’expérience a été très fructueuse et enrichissante pour les quelques braves qui ont osé se mesurer aux éléments de Dame Nature. Au cours de la première journée, douze canoteurs sont partis de l’embouchure de la St-François pour se rendre par le St-Jean à la Rivière-Verte, soit soixante kilomètres de canotage. Le lendemain, six cyclistes sont partis de Rivière-Verte à travers les bois pour arriver à la Rivière Kedgwick: cent dix kilomètres de vélo de montagne. La troisième journée, six excursionnistes ont emprunté un tronçon du Sentier des Appalaches pour parcourir 20 kilomètres à travers les montagnes et finir au Festival western de St.-Quentin. Cette activité a été fortement médiatisée, et même avec une faible participation, la base d’une compétition annuelle a été établie. Par la promotion d’activités écotouristiques adaptées à notre milieu, La Fondation espère ainsi développer une mentalité d’activités en plein air qui bénéficie à la santé des sportifs tout en respectant nos écosystèmes régionaux. L’an prochain, nous prévoyons un autre Écodéfi d’envergure. La planification est déjà amorcée et, riches des expériences de l’été dernier, nous sommes confiants de mener à bien ce projet.

Une famille s'amuse sur le lac
  Family fun on the lake
(Photo: Yves Carrier)
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L'écotourism est en essor dans tous les pays industrialisés
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L’écotourisme est en essor dans tous les pays industrialisés. Cette activité touristique à bas impact sur le milieu, peut générer un développement économique important dans les régions qui ont su garder un patrimoine naturel intéressant. Bien planifiées, ces activités ajoutent une valeur économique à la conservation et feront des causes environnementales un enjeu économique. Trop souvent, la raison écologique est associée à la perte de profits, aux réglementations ennuyeuses et à des dépenses peu rentables. Elle est perçue comme une entrave au développement économique. Le Nouveau Brunswick est riche par la diversité de ses écosystèmes encore peu dégradés. Aux sceptiques et aux cyniques qui doutent encore de la valeur économique de cette industrie, j’offre l’analogie de la pêche au saumon. Il y a trente ans, les pêcheurs commerciaux ridiculisaient aussi la valeur économique de la pêche sportive, malheureusement la ressource a dû être au bord de l’extinction avant que l’on se rendent compte des possibilités économiques d’une gestion plus intelligente de cette ressource.

L’ingéniosité humaine semble sans limites et nous espérons toujours que la technologie va solutionner toutes nos misères. Trop souvent nous oublions notre place sur cette terre et nos existences sont de plus en plus artificielles, déconnectées de la nature et de ses cycles. Il n’est pas surprenant que, collectivement, nous prenions souvent de mauvaises décisions et que la vie de cette planète soit présentement en péril. Comment peut-on respecter quelque chose que nous ne connaissons et n’apprécions pas? Notre mouvement en est à ses premiers balbutiements, mais notre vision pour l’avenir est très positive, même avant-gardiste. Si, par nos efforts, on peut développer une mentalité de respect de la nature sauvage dans nos activités de loisirs et aider à instaurer une industrie d’écotourisme dans le Haut St-Jean, l’avenir sera beaucoup moins sombre et plus riche, autant pour nous, nos descendants et toute la vie de ce riche coin de pays.