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Water, a Gift
to Honour &
Protect, a
Symbol of
Nonviolence

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Jan Slakov est
présidente
d'Enviro-Clare.
Elle travaille
également avec
des groupes
pacifistes et un
effort actuel vise à
faciliter l'échange
et la compréhen-
sion entre les
mouvements
anti-corporatiste,
pacifiste et
environnemental.
Coordonnées :
CP 35, Weymouth
N.-E. CA
B0W 3T0
(902) 837-4980
Courriel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ouvrir las session de la Déclaration de Cochabamba, cliquez ici.

L'eau, un don à honorer
et à protéger, un symbole
de non-violence

Jan Slakov
Enviro-Clare, présidente
Août 2001

 

omme Maude Barlow l'a fait remarquer dans son article sur l'éthique et l'eau 1: "La consommation de l'eau double à tous les 20 ans, taux plus de deux fois plus élevé que celui de la croissance de la population humaine". Les efforts pour privatiser l'eau sont, sans doute, reliés à cette demande et à la destruction croissante des sources d'eau potable.


(photo: Eskasoni, N.-B.,  RENB)

Certains disent que, pour décourager le gaspillage de l'eau, il serait logique de la privatiser. Mais cette idée ne tient pas debout; en effet, considérons comment on gaspille les combustibles fossiles même si on doit les payer. Et la scientifique indienne, féministe et militante respectée, Vandana Shiva a souligné: "Dès qu'on permet au marché de déterminer la situation, on verra comme résultat que la piscine des riches aura préséance sur l'eau à boire des pauvres". 2 Toutefois, si la privatisation est une mauvaise idée, une politique éclairée concernant le prix de l'eau pourrait contribuer à empêcher le gaspillage.

Évidemment, nous devons mieux respecter et valoriser l'eau tout en trouvant des moyens pour moins la polluer et pour mieux protéger les sources fragiles d'eau fraîche. Il faut devenir conscient d'où provient notre eau et où on l'envoie après qu'on s'en est servi; pour ce faire, il vaut mieux que les décisions concernant l'eau soient prises localement et d'une manière démocratique.

C'est d'ailleurs la conclusion à laquelle sont arrivés les gens de la Bolivie qui se sont soulevés avec succès contre la privatisation de leur eau. Voici leur déclaration :

Déclaration de Cochabamba

"Pour le droit à la vie, pour le respect de la nature et des us et coutumes de nos peuples, que dorénavant soient déclarés inviolables les droits concernant l'usage de l'eau qui nous ont été donnés par la terre :

1) L'eau appartient à la terre et à toutes les espèces et elle est vouée à la vie; les eaux du monde doivent donc être conservées, assainies et protégées pour toutes les générations futures et elles doivent être respectées dans leur état naturel.

2) L'accès à l'eau est un droit humain fondamental et c'est un devoir public qui doit être protégé par tous les niveaux de gouvernements. L'eau ne doit donc pas être marchandisée, privatisée ou échangée pour des fins de gain commercial. Ces droits doivent être sauvegardés par tous les niveaux de gouvernements. Un traité international doit, notamment, assurer que ces droits soient incontestables.

3) Ce sont les communautés et les citoyens de chaque région qui peuvent le mieux protéger l'eau et ils doivent être les partenaires à titre égal avec les gouvernements pour la protection et la réglementation de l'eau. Les peuples de la terre sont les seuls capables de promouvoir la démocratie et la sauvegarde de l'eau. 3

 

L'eau, si essentielle à la vie, symbolise tous les dons de la terre, dons que nous appelons avec arrogance "ressources naturelles" comme si la nature était là pour fournir ces ressources à nos seules fins.

L'eau a aussi été vue comme symbole de non-violence active. Le livre merveilleux de Len Desroches sur "la colère, la peur, le pouvoir, le travail, la sexualité, la communauté - et la spiritualité et la pratique de la non-violence" a pour titre Allow the Water (littéralement : "permettez l'eau"). 

Et, en avril dernier, à la manifestation à Québec contre la ZLÉA, on a invité mon groupe à se joindre au groupe qui s'appelle "The Living River/La rivière vivante", groupe qu'essaie d'apporter une énérgie constructive et non-violente à de telles manifestations. Ce groupe, dont une des leaders est l'écrivaine et militante bien connue Starhawk, avait apporté des copies de la Déclaration de Cochabamba à présenter au sommet, au cas où nous aurions eu du succès à nous introduire dans cette rencontre. Comme on peut l'imaginer, on n'a pas pu se rendre jusqu'à là, à cause de la clôture et de la police qui avait ordre d'aller même jusqu'à violer les droits fondamentaux. J'avais la chance d'être avec "La rivière vivante" quand elle a abouti à un mur de police dans une ruelle dans le vieux Québec. La police s'apprêtait à nous tirer dessus avec leur gaz lacrymogène mais, probablement parce qu'ils pouvaient voir que nous étions organisés pour garder un comportement nonviolent, ils se sont retenus. Quelqu'un dans notre groupe a lu la Déclaration à haute voix et une femme a tenté de la présenter à un officier. Il a répondu, les dents serrées, qu'il ne pouvait pas la prendre.... J'espère que lui, et d'autres membres des forces sont en train de repenser si, oui ou non, ils ont l'intention d'obéir aux ordres auxquels ils sont soumis à ce genre de sommet.


(photo: Living River Group) 

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La rivière Sierra
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Je crois que notre mouvement doit avoir, comme un de ses buts, depersuader et de communiquer avec tout le monde, même ceux qui semblent être nos ennemis, comme la police. Et il est très important que nous articulions non seulement ce à quoi nous nous OPPOSONS, mais aussi ce que nous APPUYONS. Pour "La rivière vivante" au sommet de la ZLÉA, la Déclaration de Cochabamba représentait ce que nous APPUYONS.

Si tous ce que nous réussissons à faire, c'est de nous enrager contre quelque chose, nos protestations créeront une sorte de vide qui ne pourra qu'attirer ce qui existe déjà, autrement dit, essentiellement la même chose que ce que nous essayons de vaincre. En créant quelque chose de nouveau, quelque chose de plus approprié, nous pourrons avec légitimité écarter le vieil ordre, parce qu'il sera remplacé avec quelque chose de meilleur.

La non-violence n'est pas simplement quelque chose que nous sortons pour des moments privilégiés, comme les actions de protestation. C'est une manière de vivre et elle peut donner une signification à toute notre vie et faire que même les événements quotidiens deviennent une partie de la lutte, une lutte que nous espérons joyeuse. C'est pour cela que le terme "non-violence" n'est pas vraiment à la hauteur. La non-violence n'est pas simplement l'absence de violence, c'est la présence de bienveillance, d'engagement et peut-être même la foi que le fait de vivre simplement comme nous pensons qu'il est bien de vivre est, en effet, plus important que de remporter la "victoire". J'aime la manière que Len Desroches la décrit. Il emploie le terme "dumanis" ou pouvoir spirituel intérieur (en opposition à "exousia", un pouvoir ou autorité externe, et socialement sanctionné).

Il a écrit : (traduction non autorisée) "Les principes de Nuremburg répètent que chaque personne possède dunamis - le pouvoir spirituel intérieur d'agir face au mal légalisé et sanctionné par l'état."

"Le dunamis nourit et moule notre corps et le Seul Corps. Tout comme nous avons le pouvoir d'empêcher l'eau de couler, nous pouvons également bloquer notre propre courant intérieur - cette source au fond de nous-mêmes. Qu'on la permette de couler. Même si, comme l'eau, cette source intérieure de vie et de pouvoir est à peine perceptible, elle existe déjà. Permettons à l'eau de couler!" 4

 

1. Barlow, Maude, Blue Gold: the Global Water Crisis and the Commodification of the World's Water Supply, International Forum on Globalisation,  juin 1999.
http://www.ifg.org/bgsummary.html

2. Harding, Gareth,
DEVELOPMENT, Poorest Countries Call For Right to Water
,
InterPress Service

3. Starhawk, <stella@mcn.org>
The Bridge At Midnight Trembles: My Story of Quebec City

4. Desroches, Len "Allow the Water".  Disponible en français bientôt.
Pour commander communiquer avec Len Desroches, 407 Bleeker St., Toronto, ON M4X 1W2  Téléphone : (416) 975-4897 Télécopie : (416) 515-1515.