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Original article
in English by 
Mike Lushington


An
Environmentalist's
Concerns: Orimulsion

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(photo: Bitor Italia)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Offshore Orimulsion Buoy At Jose Terminal (Venezuela)


(photo:
OrimulsionFuel)

 

 

       

Orimulsion:
Alimentant les centrales du N-B

Claude Léger
E.C.O. Action.
Rédigé par Mike Lushington
octobre 2000

 

'orimulsion est ce mélange d'eau et de bitume qui alimente, depuis 1994, la centrale thermique d’Énergie Nouveau- Brunswick à Dalhousie. Dans la région, tous sont d'accord qu'il s'agit d'une nette amélioration par rapport à la combustion du charbon qui prévalait auparavant. Finis les amoncellements de charbon sur les quais, finis la poussière et l'épaisse suie émanant de la cheminée capable de noircir en quelques jours une couverture de neige vierge.


(photo: Orimulsion Fuels)

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Orimulsion
Tank Farm
(Venezuela)

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Une amélioration peut toutefois s'avérer plus apparente que réelle. La combustion d'orimulsion provoque certaines préoccupations environnementales, peut-être précisément parce que les risques qu'elle comporte sont moins apparents, donc plus insidieux, que ceux que l'on associe avec l'utilisation du charbon. On peut regrouper ces inquiétudes en quatre catégories.

Comme nous l’avons vu, l’orimulsion est un mélange d'eau et de bitume qui arrive à Dalhousie du Venezuela par pétrolier deux fois par mois. Il est alors déchargé par un système de pompage installé sur le quai public juste en amont de la papeterie Bowater. Énergie Nouveau-Brunswick surveille le processus de déchargement et dit avoir en place un système de surveillance pour minimiser tout déversement accidentel. En outre, le personnel est amené à répéter régulièrement ses procédures d'urgence.

Un des risques du transport de l’orimulsion est qu’advenant un déversement, il ne se comporte pas comme le pétrole. Au lieu de demeurer en surface, il coule immédiatement jusqu'à deux ou trois mètres de profondeur avant de se disperser. En raison des conditions hydrographiques locales, un déversement au quai de Dalhousie se disperserait assez rapidement sur d'importantes étendues de l'estuaire de la Restigouche et atteindrait bientôt la Baie des Chaleurs. En Angleterre, des analyses indépendantes sur les procédures utilisées pour atténuer les impacts causés par les déversements d'orimulsion ont fait ressortir de sérieux problèmes. Dans l’un des rapports, on a même dénoncé ces procédures comme complètement inutiles.


(photo: Orimulsion Fuels)

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Dalhousie
Plant
N.B.
Canada

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L'estuaire de la Restigouche est large et peu profond et constitue, pour plusieurs espèces de poissons et d’oiseaux migrateurs, un important passage. Pour d’autres, c’est un espace de frayère et de nidification ou encore un habitat pour d'importantes populations de crustacés et de mollusques commerciaux. Malgré tous les efforts et les bonnes intentions d'Énergie Nouveau-Brunswick, les risques écologiques du transport et de la manutention d'un produit tel que l'orimulsion sont bien réels pour l'estuaire.

Les autres inquiétudes vis-à-vis de l'orimulsion concernent sa combustion.

Parmi les produits que contient l’orimultion se trouvent les oxydes de souffre: SO2 et SO3. La capture du SO2 avait été prévue par Énergie Nouveau-Brunswick et l'équipement installé à cette fin a été assez efficace. Toutefois, peu avait été fait pour la pollution au trioxyde de souffre (SO3) et, selon les conditions atmosphériques, la population de la région a dû fréquemment subir les effets d'une mince fumée brunâtre et persistante. Ce n'est qu'au printemps 2000, à la suite de nombreuses plaintes, que du nouvel équipement a été installé pour capturer le SO3. Depuis, on a noté une nette amélioration dans la qualité de l’air. Des instruments de contrôle des conditions environnementales installés à distance autour de la centrale indiquent une situation acceptable.

Une autre inquiétude que soulève la combustion de l'orimulsion est l'émission de métaux lourds en forme de particules très minces qui peuvent agir comme des gaz et échapper aux équipements à captage de particules de la centrale. Elles seraient émises par la cheminée pour se répandre dans la région au gré des vents. Apparemment, aucun contrôle n'est effectué par Énergie Nouveau-Brunswick pour mesurer l'importance de la pollution par ces particules et aucun échantillonnage systématique du sol environnant n'aurait été effectué. On nous affirme que les équipements à captage de particules de la centrale sont modernes et efficaces, mais il serait plus rassurant de voir des résultats d'analyses du sol et de l'eau. Il est intéressant de noter qu'un fermier anglais a entamé une poursuite judiciaire pour la contamination de ses cultures par les métaux lourds émanant d'une centrale à combustion d'orimulsion. La commission d'énergie visée par la poursuite a décidé de régler l'affaire à l'amiable plutôt que d'avoir les faits étalés en public.

La dernière inquiétude en ce qui a trait à l'orimulsion concerne la présence de phénols dans le produit. Libérées dans l'environnement par une combustion inefficace ou par un déversement accidentel, ces substances peuvent avoir des effets dévastateurs sur les écosystèmes et se propager dans la chaîne alimentaire. Elles peuvent être la cause de la stérilité et de déformations congénitales dans les organismes touchés. En outre, les émulsifiants utilisés dans la production d'orimulsion sont connus pour leurs effets sur la génétique et la reproduction.

En somme, la combustion de l'orimulsion peut être sûre et efficace, mais comporte aussi bien des risques technologiques. Comme l'énergie nucléaire, cette technologie peut fonctionner parfaitement pendant 99 % du temps, mais une défaillance de 1 % peut mener à la catastrophe. Il est à se demander quels produits de cette technologie nous respirons, mangeons, ou buvons.