The Community Garden

In 2002, Symbiose, a student group at the University of Moncton, asked themselves how they could increase local food production and minimize their dependence on foods that come from far away. They decided to start a community garden on campus. Since then, the garden has grown from seven plots to over 60 and not only gives students an avenue in which to refine their green thumbs, it has also created a spirit of community around campus and helps educate people about the environmental and social impacts of food production.

Le jardin communautaire :
un lieu de découverte et de sensibilisation

Denny Richard
Septembre 2006
 

l.gif (280 bytes)ne grand-mère prépare un repas et demande à sa petite fille d'aller dehors lui ramasser des patates. Quelques minutes plus tard, la petite fille entre dans la cuisine avec sa tête basse et un panier vide. Elle dit tristement : " Mémère, j'ai regardé dans tous les arbres…mais je n'ai pas trouvé les patates! "

Cette anecdote nous amène à nous demander pourquoi la jeune fille, comme plusieurs autres de sa génération, ne sait pas où trouver des patates dans le jardin? Pourquoi la génération des baby-boomers et maintenant leurs enfants ont-ils, pour la plupart, abandonné l'idée d'avoir un potager dans la cour?


(photo: Denny Richard)

Les réponses à ces questions sont nombreuses et pourraient engendrer des discussions intéressantes à plusieurs niveaux. Cependant, pour les fins de cet article, nous nous contenterons d'examiner brièvement les impacts du système d'approvisionnement alimentaire contemporain. De nos jours, la plupart des aliments qui sont achetés dans les supermarchés ne viennent pas des fermes locales, mais plutôt de fermes industrielles qui distribuent leurs produits sur le marché international.

La révolution verte des années 1950 a introduit les fermiers Nord-Américains aux nouvelles technologies comme les pesticides, les engrais synthétiques, et les machineries spécialisées. Les conséquences de cette révolution agricole ont été dévastatrices. Les fermes de petite et moyenne taille sont présentement en voie de disparition car ils n'ont pas été capables de faire compétition avec les méga-fermes modernes. De plus, les machineries et produits chimiques que les fermiers utilisent causent des problèmes environnementaux qui étaient inimaginables il y à 50 ans. La contamination des eaux de surfaces et des eaux souterraines, l'eutrophication des rivières, et la désertification ne sont que quelques exemples des répercussions de cette nouvelle agriculture.


(photo: Denny Richard)

En général, les fermes sont devenues plus grandes, plus polluantes et moins diversifiées. Les aliments doivent voyager de plus grandes distances et posent des dangers à notre santé. Nous remarquons également que le système d'approvisionnement alimentaire qui domine est relativement fragile. La dépendance du transport de ce système, et aussi du pétrole, pose un sérieux problème. Le manque de pétrole, les désastres naturels, et la guerre sont tous des perturbations qui pourraient compromettre notre capacité à nous alimenter. Les gens qui ne connaissent pas la face cachée de l'agriculture industrielle et de la distribution alimentaire sont sous la fausse impression que les rayons des supermarchés seront remplis en perpétuité par des aliments de " bonne " qualité à prix abordables.

Cependant, plusieurs gens sont conscients de notre insécurité alimentaire et se demandent comment il sera possible d'arriver à instaurer un nouveau modèle d'approvisionnement alimentaire qui serait avant tout local et biologique. En d'autres mots, comment augmenter notre capacité de production alimentaire biologique locale et minimiser notre dépendance envers les aliments qui nous viennent de loin?


(photo: Denny Richard)

En 2002, les membres du groupe étudiant Symbiose de l'Université de Moncton ont ramassé leurs pèles et ont chaussé leurs bottes en caoutchouc pour tenter de répondre à cette question. Pour y arriver, ils ont décidé d'établir un jardin communautaire sur le terrain du Campus. En plus de donner aux membres du groupe une avenue pour pratiquer leurs techniques horticoles, le jardin avait comme objectif de donner accès au jardin à tous ceux qui désiraient cultiver leurs propres fruits et légumes, de créer un esprit communautaire à l'Université, et bien sûr de sensibiliser les gens aux enjeux environnementaux et sociaux qui proviennent de la production et de la distribution des aliments.

Le Jardin communautaire de la Terre-Haute commença de façon très modeste, comptant seulement sept participants durant sa première année. Par contre, aujourd'hui le jardin regroupe plus de 60 membres et s'étend sur un lopin de terre d'une taille d'à peu près une acre. Nous retrouvons parmi nos membres les enfants de la Garderie l'Éveil, plusieurs étudiants internationaux et canadiens, des étudiants des écoles secondaires, des membres du centre de ressources familiales de Moncton, des professeurs et des administrateurs du campus, et même un agronome à la retraite qui ne se gêne pas pour partager ses connaissances impressionnantes avec les autres.


(photo: Denny Richard)

Il est évident que la diversité des participants est devenue la grande force de ce projet. L'atmosphère de partage et d'échange qui règne entre les participants assure le succès de l'initiative et rend l'expérience enrichissante pour chacun. Les gens qui n'ont jamais planté un jardin apprennent maintenant à cultiver leur parcelle et à développer une connexion intime avec la nourriture qu'ils consomment.

Une initiative complémentaire est aussi née des échanges entre les participants. En 2004, nous avons développé le concept d'un événement multidisciplinaire que nous avons baptisé " Le spectacle de la grande couvarte ". Le spectacle, qui correspond avec la rentrée universitaire, comprend de la musique, de la poésie, divers groupes environnementaux et sociaux de la région, et un grand repas préparé sur place avec les aliments récoltés dans le jardin. Le spectacle nous permet d'élargir notre mission de sensibilisation et de célébrer le succès du jardin avec le grand public.


(photo: Denny Richard)

Maintenant dans sa cinquième année d'opération, le jardin communautaire ne fait que prendre de l'ampleur. Un conseil d'administration composé des membres du jardin a vu le jour cet été afin d'assurer une certaine stabilité au projet. De plus, nous continuons d'établir des framboises, des mûres, des raisins, et d'autres plantes vivaces qui s'insèrent dans notre vision à long terme.

Au début de chaque année, nous demandons aux gens pourquoi ils veulent jardiner. Nous avons remarqué que les réponses se ressemblent beaucoup. En général, les gens n'ont pas confiance dans la qualité de la nourriture qu'ils achètent au supermarché. Ils sentent le besoin d'acquérir les connaissances qui ont été perdues par les dernières générations et qui vont leur permettre d'augmenter leur indépendance alimentaire. Nous sommes confiants que les participants du jardin communautaire de la Terre-Haute sauront développer leur passion pour le jardin tout en développant les connaissances pour une vraie sécurité alimentaire ….. du moins, ils sauront o? trouver les patates dans le jardin!