Algae: Renewable Energy for the Future?

Human dependence on fossil fuels is growing. Although biofuels are touted by some as a solution, they pose several problems, such as the price of production. Author Ronald Fournier suggests an alternative solution: algae.

Certain types of algae can produce a surprising amount of oil that can be used for fuel. Algae grow much faster than other forms of vegetation and it needs only water and sun to grow. The use of algae can be an affordable and effective solution to the energy crunch.

Les algues : 
L'énergie renouvelable du futur ? 

Ronald Fournier
juin 2007

'autre jour, ma fille Suzanne, qui est en 11e année, me demande de contribuer quelques autres aspects (positifs et négatifs) à la longue liste qu'elle a déjà préparée pour un devoir concernant les barrages hydro-électriques.  Donc, j'en identifie quelques autres en expliquant… échelles à poisson, évaporation, dangers, etc.

Ceux qui me connaissent savent bien que je fais des expériences avec des véhicules qui fonctionnent à l'huile de friture usagée.  Sa question m'a fait penser à plusieurs aspects de cet enjeu, soit la production d'énergie.  Ce que j'aime bien de ces véhicules, c'est que l'on puisse utiliser un matériel qui aurait été jeté au dépotoir comme carburant dont les émissions sont déjà plus propres que les carburants à base d'hydrocarbures.  Ce n'est pas vraiment du bio-diésel, proprement dit, parce qu'il n'a pas été traité avec du méthanol et de l'hydroxyde de sodium (la molécule de glycérine n'a pas été enlevée par ce processus chimique).  Que l'on puisse fabriquer du bio-diésel avec de l'huile de friture usagée, c'est encore une bonne chose ; mais, de là à s'accaparer des récoltes prévues pour l'alimentation humaine et animale pour en faire seulement du carburant, il faudrait questionner notre logique… !


De nos jours, on entend parler d'utiliser du bio-diésel en pensant que ce seront là les solutions miracles comme sources de carburant.
(photo :  Environnement Canada)

Donc, moins de dépenses, moins de temps, moins de complication… et ça marche bien !  Les gens me disent que c'est beau de voir ça… mais seulement une personne sur cent semble prendre la peine de faire la même chose… et de réaliser les mêmes économies.  De nos jours, on entend parler d'utiliser de l'éthanol et du bio-diésel en pensant que ce seront là les solutions miracles comme sources de carburant.

George Bush reconnaissait publiquement dès l'an passé que : "… l'Amérique souffrait d'une dépendance chronique sur le pétrole et qu'elle devait trouver d'autres sources d'approvisionnement ailleurs qu'au Moyen-Orient " !  Surprenant qu'il finisse par l'admettre.  Moins surprenant, mais d'autant plus tragique, de reconnaître une telle dépendance sans se demander comment on s'en décroche, mais plutôt comment on va continuer à assouvir cette soif indécente… !

Le problème, c'est que les biocarburants à base de colza, de maïs et autres produits agricoles ne sont pas la solution.  On observe déjà une montée des prix de ces denrées qui devraient normalement être utilisées pour nourrir le monde.  Il y a d'autres moyens d'utiliser la nature pour produire ces biocarburants sans affecter d'aucune manière les sources de nourritures.  L'éthanol est encore pire que le bio-diésel (provenant de récoltes semées à cette fin) parce qu'il produit moins d'énergie ; imaginez la tragédie si l'on continue à utiliser de mauvaises pratiques agricoles (déjà énergivores) pour produire du carburant moins efficace, plus dispendieux et qui enlève de la nourriture aux gens !!


Les algues pourraient produire plus de bio-diésel qu'il en serait nécessaire pour toute la flotte américaine qui utilise du diésel.
(photo :  Ecofriend.org)

Puisque que l'espace ici est limité, je veux seulement vous donner un exemple d'un moyen (parmi bien d'autres) de produire un biocarburant sans affecter " le grenier " du monde.  Dans son livre " From the Fryer to the Fuel Tank " (De la friteuse au réservoir de carburant), Joshua Tickell donne un exemple concret d'une telle production.  Les algues sont les producteurs biologiques les plus efficaces au monde.  Il pourrait bientôt s'agir de la plus importante récolte renouvelable. Selon de la recherche effectuée par le "Department of the Environment" aux Étas-Unis, les algues pourraient produire plus de bio-diésel qu'il en serait nécessaire pour toute la flotte américaine qui utilise du diésel.

Il s'agit d'une expérience qui a été faite dans le désert près de Roswell, dans le Nouveau-Mexique par les scientifiques du " National Renewable Energy Laboratory " (NREL).  Ils ont catalogué 300 souches d'algues qui mangent du dioxyde de carbone et qui produisent de l'huile.  La quantité d'huile que les algues peuvent produire est étonnante.  Les algues à diatomées produisaient jusqu'à 50 grammes d'algues par mètre carré par jour.  Chaque étang de 1 000 mètres carrés pouvait produire 50 000 grammes d'algues, l'équivalent de 50 kg ou 110 livres.  Ces algues à diatomées sont environ 50 % d'huile par poids. Cela représente un rendement possible de 25 kg d'huile par jour par 1 000 mètres carrés.  Ceci représente 9 125 kg par étang.  Donc, un étang peut produire 7 600 litres d'huile d'algues par année.  Comparons cela au 190 litres d'huile que l'on peut produire à partir du canola sur 1 000 mètres carrés.


Des colonies d'algues.
(photo :  Colorado State University)

Le NREL concluait que sur une surface de 200 000 hectares, on pouvait produire l'équivalent de 3,8 milliards de litres d'huile.  De plus, lorsque des économies d'échelle sont atteintes, on croit que le bio-diésel provenant des algues pourrait être produit à environ 1,65 $/gallon ce qui revient à moins de 0,45 $ /litre.  Cette superficie ne représente que 1/60 des champs en jachère aux États-Unis.  Ces algues pourraient répondre aux besoins de carburant pour notre planète avec un peu de terrain et d'eau : elles se reproduisent plus rapidement que toute autre forme de vie végétale.  Elles n'ont essentiellement besoin que de soleil et d'eau et elles consomment plus de dioxyde de carbone que toute autre plante.  Donc, de tels étangs pourraient être alimentés par les émissions de dioxyde de carbone des centrales électriques comme source de nutriments.

Puisque les algues qui produisent de l'huile peuvent croître dans l'eau saline, elles ne font pas compétition aux cultures agricoles.  Elles peuvent également pousser dans les usines de traitement des eaux usées.  Imaginez-donc, elles peuvent croître dans des étangs d'eau saline en plein désert et se nourrir de dioxyde de carbone dans l'atmosphère ou provenant des sources de pollution.

Est-ce que ça va prendre un personnage bien connu, de la trempe d'Al Gore, pour rendre public un tel processus si efficace et si abordable ?