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Pour une intervention rapide
de la part du gouvernement
Saumon de l'Atlantique
en voie de disparition


Sue Scott
Fédération du saumon atlantique
decembre 2000

 

n août 1999, la Fédération du saumon atlantique (FSA) et Trout Unlimited intentaient des poursuites contre le gouvernement fédéral des États-Unis pour que celui-ci accorde un statut spécial aux derniers saumons atlantiques sauvages du Maine en vertu de l'Endangered Species Act. Cette procédure judiciaire, la première du genre dans les 50 ans d'existence de la FSA, constituait un acte désespéré de sa part.

En novembre, le US Fish and Wildlife Service annonçait l'inscription des derniers stocks sauvages américains sur la liste des espèces en voie de disparition. Huit fleuves du Nord-est du pays abritent encore des populations indigènes : ils ont accueilli moins de 50 individus cette année.Ces rivières, qui coulent toutes dans le Maine, sont la Dennys, la Machias, la East Machias, la Pleasant, la Narraguagus, la Sheepscot, la Ducktrap et Cove Brook (un affluent de la Penobscot). Désormais protégées, elles pourront être l'objet de programmes intensifs de réhabilitation. Nous ignorons si l'inscription sur la liste des espèces en voie de disparition pourra contrer le déclin actuel, mais nous devons saisir cette dernière chance de sauver une espèce qui, aux États-Unis, frise l'extinction.

=======  La rivière Dennys  =======


(photo: FSA)


Depuis le milieu des années 1970, les populations de saumon atlantique sauvage se sont éclipsées dans toute son aire de distribution des deux côtés de l'Atlantique. Malgré le moratoire imposé en Amérique sur la pêche commerciale et les programmes de conservation implantés à titre volontaire par les autochtones et les pêcheurs sportifs, la régression s'est poursuivie. Il y a 25 ans, un million et demi de saumons, petits et grands, remontaient leur rivière natale nord-américaine pour frayer. Aujourd'hui on en compte moins de 350 000. Nous traversons bien certainement une crise, mais il n'est peut-être pas trop tard.

Les élections qui se sont déroulées cet automne au Canada ont fait quelques victimes. La Loi sur les espèces en péril (LEP), pour n'en citer qu'une, a été ainsi abandonnée, temporairement nous l'espérons. L'équivalent de l'Endangered Species Act américain, elle représente le dernier espoir des espèces menacées dans notre pays. La Fédération du saumon atlantique a demandé aux chefs de tous les partis politiques de redéposer ce projet de loi et de lui donner toute priorité dès que le Parlement siégera. La situation est particulièrement grave dans les hautes terres acidifiées du Sud de la Nouvelle-Écosse et dans 33 fleuves de la baie de Fundy intérieure. Les taux de retour y ont tellement chuté que la pérennité de ces stocks repose sur une loi garantissant leur préservation et leur réhabilitation. Le gouvernement ne peut toutefois attendre une telle législation pour agir. 


(photo: FSA)


Le ministère fédéral des Pêches et des Océans a admis à plusieurs reprises la nécessité d'étudier les causes de la mortalité excessive du saumon en mer. Qu'il s'engage donc maintenant à effectuer ces recherches. Il pourra ensuite en déduire les interventions appropriées pour protéger et mettre en valeur cette ressource dans l'océan. L'activité que nous déployons dans nos bassins versants, qu'elle s'appelle agriculture, aquaculture ou autre, agresse le saumon sauvage et les autres espèces qui ont besoin d'un environnement sain. Nous avons sollicité du fédéral, pour le Canada atlantique, un système de gestion communautaire des bassins qui profitera à la faune et aux collectivités humaines.


(photo: FSA)

Le gouvernement doit guider le mouvement de restauration de l'habitat et de rétablissement des stocks auquel les fonctionnaires, les sociétés privées et les citoyens peuvent participer. La FSA et ses 150 associations de rivière se consacrent à cette cause depuis des décennies. Elles continueront la lutte mais elles ont besoin d'aide.

Dans l'Est canadien, le saumon atlantique sauvage revêt une grande importance sociale et culturelle. L'industrie de la pêche récréative en tire des revenus substantiels et les autochtones s'en servent à des fins rituelles et alimentaires.

De par la promptitude avec laquelle il traitera la question des espèces en péril, le prochain Parlement pourrait bien décider de la survie du saumon…


(photo: FSA)