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Ecological Footprint and Society

Ecological footprint refers to an estimate of the amount of space on the earth that an individual uses in order to survive using existing technology. In other words, the ecological footprint measures a person's demand on the bio-capacity of the Earth.

How much our quality of life must increase to live comfortably?  Where does our inexhaustible thirst for consumer goods come from?  Could there be more fundamental cravings behind our exuberant consumption?

The notion of ecological footprint reveals clearly that we are abusing our resources.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gilles Martin est biologiste et éducateur. Il est présentement en train de compléter une maîtrise en études de l'environnement et travaille en éducation aux changements climatiques avec l'équipe de recherche Littoral et vie de l'Université de Moncton.

      

Empreinte écologique
et société


Gilles Martin
Biologiste et éducateur
Aout 2003

L 'empreinte écologique est une notion assez récente en environnement mais, celle-ci a le mérite de nous refléter en termes quantitatifs l'abus de l'utilisation des ressources naturelles qui se produit à l'heure actuelle. 


(Image: KidSolve Inc., Joan Bredin-Price)

L'empreinte écologique traduit l'utilisation que nous faisons de toutes les ressources naturelles de la terre pour nos activités comme manger, se vêtir, se chauffer, se déplacer etc., en unités de surface de la planète nécessaire pour produire ces ressources et absorber les déchets produits. Par exemple, pour répondre aux besoins d'un Canadien, il faut environ 4 à 7 hectares (selon les sources) de terre productive. C'est beaucoup, même énorme si on considère qu'on estime qu'il y a sur terre environ 2 hectares de disponibles pour chaque personne.

L'empreinte nous révèle des renseignements fondamentaux :

  • Nous, les humains, consommons beaucoup plus que ce que la terre est capable de produire (nous dépassons actuellement de près de 30% ses capacités;
  • Nous, les Occidentaux, consommons déjà plus que l'espace disponible dans nos pays, ce qui nous oblige à importer considérablement;
  • La répartition des ressources sur terre est loin d'être équitable (25% de la population consomment 80% des ressources) ce qui veut dire que l'on vole quelqu'un ce à quoi ils ont droit;
  • Si chaque humain avait la même empreinte que nous (soit environ 4 hectares), il faudrait au moins deux planètes pour suffire à la demande;
  • Il faudrait gérer et utiliser les ressources disponibles de manière plus efficace.

Pourquoi et que faire? J'ai peu de réponses, mais je vous proposerai tout de même mes réflexions.

www.smartgrowth.orgDans nos pays, le terme " progrès " est utilisé souvent comme synonyme de l'augmentation du niveau de vie des citoyens. Alors qu'il n'y a pas de doute que le niveau de vie s'est grandement amélioré depuis 100 ans, comme le démontre l'espérance de vie moyenne, une question pressante se pose à l'heure actuelle : Jusqu'où faut-il aller avec l'augmentation de notre niveau de vie pour vivre de manière " convenable "? Alors qu'il existe encore de la pauvreté au pays (par là j'entends des gens qui ont de la difficulté à se procurer les biens essentiels), le niveau de vie d'une bonne tranche de la population porte à réfléchir. Je suis toujours un peu gêné quand je regarde les maisons qui se construisent à l'heure actuelle dans les quartiers en vogue d'une grande ville. Je me dis : " Ces maisons immenses, qui sont de plusieurs fois plus grandes que celles de mes parents ou de mes grands-parents, n'abritent pourtant que quelques personnes, souvent deux seulement! Est-ce bien nécessaire? La norme de maison socialement " convenable " ne cesse de s'agrandir. Et, il en va de même pour les autres biens de consommation. Les voitures sont un autre bon exemple. Alors qu'on est plus conscients que jamais de l'impact sur l'atmosphère de nos voitures et des autres problèmes liés à l'utilisation du pétrole, les voitures vendues n'ont jamais été aussi grosses. Les utilitaires sport sont à la mode. Et l'efficacité (en terme de litres par 100 kilomètres) ne s'est pratiquement pas améliorée durant ces dernières décennies. Jusqu'où peut-on aller? Et d'où vient cette soif apparemment sans fin que nous avons pour les biens de consommation? Chose certaine, on dépasse déjà et de loin les capacités de la terre à produire les biens que nous consommons.

Beaucoup de questions et peu de réponses. Personnellement, ces réflexions au sujet de l'empreinte écologique, ou de la capacité de la terre à produire ce que nous utilisons, pointent dans la direction de la simplicité volontaire. Cette approche (voir Serge Mongeau, La simplicité volontaire, plus que jamais. Éd. Écosociété) souligne l'importance, ou plutôt la nécessité, de réduire notre niveau de consommation pour se comporter décemment des points de vue écologique et social. Pour plusieurs écologistes et autres personnes sensibilisés à l'environnement, c'est de la survie même de la race humaine et des autres êtres vivants dont il est question ici.

Pourtant, il est si simple que de continuer à consommer sans questionner. Il est devenu presque machinal pour la plupart d'entre nous d'acheter sans arrière pensée, sans remettre en question l'utilité de l'objet en question. Je viens personnellement d'acheter une deuxième voiture (usagée bien sûr) lorsque j'ai commencé un nouveau travail. Au fond je m'en veux, mais comme tout le monde, je me sens dépendant de ce besoin. Je vis en milieu rural et le transport en commun est inexistant. Je viens de commencer à covoiturer. Cela aide à réduire mon empreinte, mais je crois qu'il faudrait que je fasse plus encore. Des solutions de société s'imposent pour un problème de société comme celui du transport. Il n'y a rien qui nous empêche collectivement de décider de supporter un système de transport en commun qui pourrait desservir le monde rural. Je crois que cela va se produire si nous réalisons ensemble l'urgence d'agir en ce sens.

J'ai aussi, comme bien d'autres, fait d'autres choix personnels pour tenter de réduire mon impact ou mon empreinte. J'ai choisi de bâtir ma maison avec des matériaux récupérés (bois de grange) et avec une technique utilisant des matériaux naturels, peu transformés; je l'ai aussi conçu solaire passive et équipée d'un chauffage au bois (coupé sélectivement) plus performant; le fait de jardiner bio ou de composter aide aussi à diminuer mon empreinte. Mais j'ai souvent l'impression qu'il y a tellement plus à faire encore. Il est peut-être temps pour moi de passer à des efforts plus collectifs…c'est à suivre. Enfin, l'important je crois, c'est que chacun agisse dans le sens de sa conscience et que collectivement nous prenions conscience de l'urgence d'agir.

Je reviens à une question essentielle soulignée plus haut. D'où vient cette soif de consommation? Parce que pour une bonne part d'entre nous, cette consommation dépasse et de loin nos besoins essentiels. Alors pourquoi? Je pense et d'autres pensent aussi que cette avidité est une manifestation de quelque chose de plus profond encore.. Y aurait-il des besoins humains plus fondamentaux que l'on se camoufle par une consommation débordante? Dans une société qui est de plus en plus axée sur l'individu avant tout, sur la compétitivité et la comparaison, sur le Dieu argent, sur le paraître et l'extérieur, est-ce que je chercherais à combler autre chose? Est-ce que quelque part je compte trouver le bonheur en achetant ma belle voiture? Je ne prétends pas connaître les réponses à ces questions, mais il me semble important de les poser. Je suis de l'avis de certains écologistes qui soulignaient, il y a déjà longtemps, qu'une révolution quasi spirituelle est nécessaire pour renverser la crise écologique qui nous pend au bout du nez, parce qu'il me semble que la véritable crise (et je suis persuadé qu'elle se passe en ce moment et même depuis un bout de temps déjà) se situe sur le plan des valeurs profondément humaines qui sont peu ou simplement pas véhiculées dans notre société.

Certains diront : " Crise? Quelle crise? ". Il est vrai qu'elle est sournoise et qu'un certain mouvement de masse nous informe que tout est bien et qu'il ne faut surtout pas arrêter de consommer. Tout le monde se souvient du fameux " Go shopping! " pour aider votre pays.

La notion d'empreinte écologique et les indications qu'elle nous révèle (plus de 4 hectares par habitant au Canada par rapport à la capacité planétaire de près de 2 hectares) expriment clairement l'abus actuel de l'utilisation des ressources. On dit aussi que 25% de la population du monde (en grande partie nous, les Occidentaux) consomment 80% des ressources naturelles de la planète. Il nous reste maintenant à agir et à amorcer le virage; un virage majeur puisqu'il déterminera peut-être le sort de l'humanité.