Can 
agricultural 
soils reduce Global 
Warming?

The Eastern Canada
Soil and Water
Conservation
Centre located in
Saint-André N.B.,
takes a closer look
at the idea that
agricultural soils may
be able to reduce the
Greenhouse effect
by trapping carbon
dioxide gases.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le Conseil de
conservation
des sols
Canada débute
son programme

"Prendre
Charge"
sur les
changements
climatiques
par Jean-Louis
Daigle

 

       

La gestion des sols agricoles
peut-elle réduire le réchauffement de la planète?

Gordon Fairchild
Spécialiste en sol,
Centre de conservation des sols et de l’eau de l’Est du Canada
22 avril 2000 (Journée de la terre)

 

es sols arables sont-ils capables de réduire l'effet de serre en absorbant le dioxyde de carbone (CO2), gaz qui est autrement piégé dans l'atmosphère et contribue au réchauffement de la planète?


(photo: Centre de conservation des sols et de l’eau)

Ce dernier est l'un des trois principaux gaz qui contribuent à l'effet de serre. Le réchauffement global est devenu une question internationale portante qu'il faut adresser sérieusement. Plusieurs pays sont d'accord que la réduction des émission de gaz est nécessaire.

Les plantes en croissance absorbent le dioxyde de carbone dans l'atmosphère et l'emmagasine sous différentes formes. Lorsque ces plantes sont récoltées, une certaine portion demeure dans le sol plus particulièrement dans les racines. En se décomposant, ces racines constituent alors une partie de la matière organique du sol, aussi connu comme l' humus. Une portion de l'humus du sol est relativement stable et se décompose lentement sur une longue période de temps. Sous un bon programme de "Bonnes pratiques de gestion", les sols agricoles peuvent capter le dioxyde de carbone dans l'humus ou de la matière organique du sol et atténuer l'effet de serre dans notre atmosphère. Par exemple, le Conseil de conservation des sols Canada a initié récemment un nouveau programme "Prendre Charge". 
Le but de ce programme est la création et la coordination d'équipes provinciales de sensibilisation au niveau local, d'outils d'information, d'ateliers provinciaux et l'engagement des producteurs agricoles canadiens afin d'identifier le besoin et le développement de "Bonnes Pratiques de Gestion" sur la ferme. L'implantation de bonnes pratiques de gestion peut réduire les émissions de gaz à effet de serre en agriculture.

Au Canada on retrouve de grandes superficies de terres agricoles cultivées intensivement où le taux de matière organique est présentement moins élevé qu'il y a quelques décennies. Ces sols peuvent avoir une capacité de rétention de dioxyde de carbone. Quelques pratiques agricoles, telles que le travail de conservation du sol e le travail sans labour favorisent l'augmentation de la matière organique du sol. Si ces pratiques culturales sont intégrées et pratiquées sur une plus grande superficie, surtout dans l'Ouest canadien, d'abondantes quantités de dioxyde de carbone pourraient être captées par ces sols.


(photo: Centre de conservation des sols et de l’eau)

Les arbres aussi absorbent le gaz (CO2) qui contribue à l'effet de serre. La plantation d'arbres, de brise-vent, et le reboisement sur les terres marginales moins propices à l'agriculture peuvent aussi être capteur de grandes quantités de carbone, ce qui réduit l'effet de serre.

Il existe encore des incertitudes sur ces nouvelles approches pour réduire partiellement les gaz à effet de serre. Il est difficile de déterminer avec précision le taux de carbone absorbé par les sols agricoles. Certains gaz captés par le sol seront éventuellement échappés lorsque le taux de matière organique atteindra son poids d'équilibre, ou encore lorsque ces sols seront retournés à une culture intensive. Il existe encore plusieurs obstacles techniques et financiers afin d'encourager l'adoption de certaines pratiques agricoles nécessaires pour capter une plus grande quantité de CO2 de l'atmosphère. De plus, l'agriculture est nettement un émetteur de deux autres principaux gaz à effet de serre, le méthane et l'oxyde nitreux. Dans l'est du Canada, plus de recherches et de transferts technologiques sur les fermes seront nécessaires afin de déterminer le potentiel, les bénéfices et la faisabilité de ces options.

Déjà le marché financier a pris un vif intérêt dans ces possibilités. Un "régime de permis échangeable"de dioxyde de carbone est en développement actuellement pour permettre aux industries- "émetteur" d'échanger des émissions de gaz avec d'autres compagnies-"capteur". Les crédits provenant de ce permis pourraient être éch geables sur le marché financier. La valeur marchante de ces crédits pourrait être essentiellement basée sur les coûts attribués pour capter le carbone, les coûts de technologie pour réduire l'émission de gaz, et aux frais généraux d'opération que ce permis occasionne. Aux États-Unis un système d'échange d'émission gaz de dioxyde de soufre a connu du succès depuis un certain nombre d'années. Le "régime de permis échangeable" tel que proposé pour le Canada ne sera peut-être pas un support financier adéquat pour l'agriculture, mais plutôt une source d'encouragement pour réduire les émissions de gaz.

Malgré ces contraintes techniques et avec la coopération des marchés financiers ou des programme d'aide, les sols agricoles pourraient possiblement réduire les effets de serre en captant le dioxyde de carbone qui serait autrement émis dans l'atmosphère. Cependant un consensus international dans le cadre des négoci ions d'un accord sur le changement climatique est nécessaire afin de reconnaître la capacité des sols d'emmagasiner le dioxyde de carbone pour la réduction d'émission de gaz à effet de serre.