Ce dernier est l'un des trois principaux gaz qui contribuent à
l'effet de serre. Le réchauffement global est devenu une question
internationale portante qu'il faut adresser sérieusement. Plusieurs
pays sont d'accord que la réduction des émission de gaz est
nécessaire.
Les plantes en croissance absorbent le dioxyde de carbone dans
l'atmosphère et l'emmagasine sous différentes formes. Lorsque ces
plantes sont récoltées, une certaine portion demeure dans le sol plus
particulièrement dans les racines. En se décomposant, ces racines
constituent alors une partie de la matière organique du sol, aussi
connu comme l' humus. Une portion de l'humus du sol est relativement
stable et se décompose lentement sur une longue période de temps. Sous
un bon programme de "Bonnes pratiques de gestion", les sols
agricoles peuvent capter le dioxyde de carbone dans l'humus ou de la
matière organique du sol et atténuer l'effet de serre dans notre
atmosphère. Par exemple, le Conseil de conservation des sols Canada a initié
récemment un nouveau programme "Prendre
Charge".
Le but de ce programme est la création et la
coordination d'équipes provinciales de sensibilisation au niveau local,
d'outils d'information, d'ateliers provinciaux et l'engagement des
producteurs agricoles canadiens afin d'identifier le besoin et le
développement de "Bonnes Pratiques de Gestion" sur la ferme.
L'implantation de bonnes pratiques de gestion peut réduire les
émissions de gaz à effet de serre en agriculture.
Au Canada on retrouve de grandes superficies de terres agricoles
cultivées intensivement où le taux de matière organique est
présentement moins élevé qu'il y a quelques décennies. Ces sols
peuvent avoir une capacité de rétention de dioxyde de carbone.
Quelques pratiques agricoles, telles que le travail de conservation du
sol e le travail sans labour favorisent l'augmentation de la matière
organique du sol. Si ces pratiques culturales sont intégrées et
pratiquées sur une plus grande superficie, surtout dans l'Ouest
canadien, d'abondantes quantités de dioxyde de carbone pourraient être
captées par ces sols.

(photo: Centre de conservation des sols et de l’eau)
Les arbres aussi absorbent le gaz (CO2) qui contribue à l'effet de
serre. La plantation d'arbres, de brise-vent, et le reboisement sur les
terres marginales moins propices à l'agriculture peuvent aussi être
capteur de grandes quantités de carbone, ce qui réduit l'effet de
serre.
Il existe encore des incertitudes sur ces nouvelles approches pour
réduire partiellement les gaz à effet de serre. Il est difficile de
déterminer avec précision le taux de carbone absorbé par les sols
agricoles. Certains gaz captés par le sol seront éventuellement
échappés lorsque le taux de matière organique atteindra son poids
d'équilibre, ou encore lorsque ces sols seront retournés à une
culture intensive. Il existe encore plusieurs obstacles techniques et
financiers afin d'encourager l'adoption de certaines pratiques agricoles
nécessaires pour capter une plus grande quantité de CO2 de
l'atmosphère. De plus, l'agriculture est nettement un émetteur de deux
autres principaux gaz à effet de serre, le méthane et l'oxyde nitreux.
Dans l'est du Canada, plus de recherches et de transferts technologiques
sur les fermes seront nécessaires afin de déterminer le potentiel, les
bénéfices et la faisabilité de ces options.
Déjà le marché financier a pris un vif intérêt dans ces
possibilités. Un "régime de permis échangeable"de dioxyde
de carbone est en développement actuellement pour permettre aux
industries- "émetteur" d'échanger des émissions de gaz avec
d'autres compagnies-"capteur". Les crédits provenant de ce
permis pourraient être éch geables sur le marché financier. La valeur
marchante de ces crédits pourrait être essentiellement basée sur les
coûts attribués pour capter le carbone, les coûts de technologie pour
réduire l'émission de gaz, et aux frais généraux d'opération que ce
permis occasionne. Aux États-Unis un système d'échange d'émission
gaz de dioxyde de soufre a connu du succès depuis un certain nombre
d'années. Le "régime de permis échangeable" tel que
proposé pour le Canada ne sera peut-être pas un support financier
adéquat pour l'agriculture, mais plutôt une source d'encouragement
pour réduire les émissions de gaz.