free hit counter code
The Petitcodiac: "Hot" for more than one reason!

According to climate change predictions, flooding may become more prevalent and hurricanes more severe. If a hurricane were to hit New Brunswick, the waters of the Petitcodiac River could rise above the causeway, explains former Riverkeeper Daniel LeBlanc, especially if it were to hit at high tide.

LeBlanc points out, however, that the removal of the causeway and the subsequent restoration of the Petitcodiac could help mitigate the effects of climate change in the Moncton area. If the river were flowing freely, it would be better able to flush sediments out of the riverbed, thereby decreasing the risk of flooding.

 

La Petitcodiac :
"chaude" pour plusieurs raisons

Renée Morel et Daniel LeBlanc, Sentinelles Petitcodiac
septembre 2007

'ancienne Sentinelle Petitcodiac Daniel LeBlanc consacre ses efforts à l'énergie éolienne et à sa chronique hebdomadaire dans le quotidien L'Acadie Nouvelle. La directrice générale par intérim des Sentinelles, Renée Morel, l'a rencontré récemment pour discuter des effets des changements climatiques sur le bassin versant de la rivière Petitcodiac au cours des mois et années à venir.

RM : Le réchauffement planétaire et les changements climatiques sont des sujets " chaud " ces jours-ci. Comment ces perturbations pourraient-elles affecter la rivière après la suppression du pont-chaussée?

DL : La restauration de la rivière pourrait avoir un effet positif sur la prévention des inondations et l'amélioration des conditions du microclimat le long du bassin versant. Selon l'étude d'impact environnemental, un mascaret restauré représenterait un va-et-vient quotidien de millions de mètres cubes d'eau le long de la rivière (jusqu'à 20 km en amont du pont-chaussée actuel). Ce flux, par exemple, chasserait les sédiments accumulés et réduirait les risques d'inondation autour du rond-point de la rue Main à Moncton. Le mascaret comporte également des avantages de microclimat pour notre région. En été, l'arrivée de la marée du mascaret, qui amène les eaux plus fraîches de la Baie de Fundy, fait chuter la température de plusieurs degrés. En hiver, c'est l'inverse qui se produit parce que l'eau de la Baie de Fundy est alors plus chaude que l'air.


(Photo :  Sentinelles Petitcodiac)

RM : Selon les prédictions liées au réchauffement climatique, les saisons des ouragans seront plus fréquentes et plus longues dans l'océan Atlantique. Quelles seraient les conséquences si l'un d'eux frappait ici?

DL : Il est difficile de prédire quand un ouragan atteindra notre région. Le dernier gros ouragan à frapper la Baie de Fundy était la tempête de Saxby en octobre 1869, alors qu'une onde de tempête de deux mètres avait causé des inondations importantes. Aujourd'hui, une tempête semblable causerait des inondations à des sections du centre-ville de Moncton, à toute la Place Champlain et à des parties de l'Université de Moncton. Si cet ouragan se produisait lors de la marée haute, et au moment d'une pleine lune ou d'une nouvelle lune, comme ce fut le cas en 1869, les eaux de la Petitcodiac pourraient passer par-dessus le pont-chaussée. D'autres voies de circulation seraient inondées, telles le boulevard Wheeler, la route 114, et la rue Amirault à Dieppe, qui traverse des terres marécageuses. D'autres routes le long de la rivière subiraient également le même sort. Tout ce qui se trouve à moins d'un ou deux mètres sous le niveau de la mer et au-dessus de la laisse de haute mer actuelle pourrait subir des inondations importantes.


(Photo :  Sentinelles Petitcodiac)

RM : Qu'arriverait-il au système de digues? DL : Eh bien, toutes les terres marécageuses sont en fait des " plaines inondables ", donc vulnérables aux inondations.

RM : Qu'en est-il des prédictions quant à la hauteur des précipitations et l'élévation du niveau de la mer? DL : Des précipitations accrues sont attendues pour l'Est du continent nord-américain. Des crues subites pourraient donc survenir et inonder les rues, les rez-de-chaussée des édifices, et les voitures en quelques heures seulement, comme cela s'est produit récemment dans le nord de l'Europe. Pour ce qui est de l'élévation du niveau de la mer, nos infrastructures d'égout pourraient être très vulnérables puisque la plupart se trouvent en moyenne à un mètre au-dessus du niveau de la mer.


Daniel LeBlanc
(Photo :  Sentinelles Petitcodiac)

RM : Qu'en est-il des canicules et des sécheresses? DL: Notre approvisionnement en eau potable pourrait être grandement perturbé par des périodes de sécheresse. Ce n'est pas quelque chose de fréquent dans notre région, mais sait-on jamais… Notre région pourrait cependant connaître des périodes de canicule comme celles qu'ont connues le Midwest américain et le centre du Canada. Les villes sont plus vulnérables à cause de l'effet de serre localisé. Les gaz à effet de serre sont à craindre, car ils sont liés à une hausse de température. D'ailleurs, on prédit qu'à l'échelle planétaire la température moyenne pourrait augmenter d'au moins deux degrés d'ici l'an 2050. Cet accroissement pourrait provoquer la disparition de près du tiers des espèces animales de la planète, et je souligne que c'est là un scénario optimiste.

Sentinelles Petiticodiac a comme mission la restauration, la protection et la promotion de l'intégrité écologique des bassins versants des rivières Petitcodiac et Memramcook et de l'estuaire de la baie de Shepody.