D'abord, ils s'entouraient de gens acharnés à cultiver
et à conserver les produits d'un petit jardin familial qu'ils
plantaient à la pleine lune. Par exemple, les plantes qui poussent au
dessus de la terre étaient plantées avant la pleine lune de mai ou de
juin et les graines qui poussent sous la terre comme les carottes, les
navets ou autres étaient plantées après la pleine lune.
Le jeûne tous les vendredis remplaçait le Ramadan et aidait à
illiminer les toxines du corps sur une base régulière. Le menu varié
avec les saisons respectait des aliments frais contenant de la vie.
Pendant la moisson, le repas du midi comprenait des bouillis, des rôtis
de poulet, de boeuf et de porc accompagnés de légumes divers: carottes,
navets, choux, pois, etc et des quantités de cosses de fayots.
N'oublions pas l'essentiel : les oignons graalés et le gras. Les
oignons graalés représentaient une sorte d'aromathérapie avant le
repas.
 |
|
(photo: Lafayette Travel) |
Quant au gras, la plupart des centenaires étaient friands de
pattes de cochon, de sauce à boudin et surtout de tendons de poulets
enrobés de gras. Notons que l'Association des maladies du coeur a
récemment valorisé les pattes de cochons. De plus, nos parents ne se
privait pas de mastiquer longtemps les tendons de poulets. (Les pattes
et les ailes de poulets étaient cuit assez longtemps.) Ces tendons
représentaient-ils une source essentielle de calcium utiles à la
sauvegarde des jointures humaines?
Après avoir écrit le livre de recette: La cuisine mystique de ma tante,
on remarque encore plus l'importance du beurre clarifié avec les
oignons, les légumes et la viande graalée. Le beurre, souvent associé
aux pierres sur les reins, l'on s'assurait d'enlever le gras du beurre
réchauffé avant de l'utiliser. Le plus important, toutefois, était de
bien mastiquer les aliments. C'est ainsi qu'il était tout aussi
important de partager son repas en famille afin de ne pas s'ennuyer en
mâchant une bouchée au moins trente-cinq fois. La bonne humeur était
de rigueur. La cuisinière insistait pour conserver son espace vitale
afin de préparer un repas avec amour. Les enfants allaient jouer dehors,
même en temps de pluie, justement pour éviter les accidents lors du
maniement de plats bouillants. Le chant, un petit repos et le travail
s'avéraient de la plus importance après les repas. On se souviendra de
Josh Breau qui allait faucher son canal du chemin après son déjeuner
vers 4 h du matin et de Marguerite Daigle qui partait courir après les
orignaux après le dîner.
|
| (Painting, Artist: Claude
Picard ) |
Si douleur il y avait, il fallait s'en occuper tout de suite. Par
exemple, M. Breau buvait un simple petit coup de whisky au besoin et Mme
Daigle plongeait ses pieds dans de l'eau salée avant de se coucher.
Vivre vieux et en harmonie avec la nature était un mode de vie qui leur
permettait de cultiver une petite joie discrète! C'est tout ça la
génération aux os de fer.