(Photo: J. Brown)

Froidheure

    Jean-Mari Pître
    octobre 1999

 

i.gif (173 bytes)l fait froid, mais est-ce vraiment la saison morte même si l’hiver entre par les fenêtres de cette maison ouverte qui nous entoure. Qu’est-ce que le froid quand tout à coup il nous amème à penser. Sous le grand édredon que forme cette couche blanche, qui sait quel univers d’immondices sommeille bien au froid, et dorment aussi peut-être les esprits.

Il fait gris dans les âmes sous ces silences. Trop de bruits inaudibles, inespérés. Autant de visibles silences comme des nuits inavouables, les non couleurs ensorcelantes du blanc environnant couvrent-elles les pensées, ou imagine-t-on seulement qu’on ne voit plus. Dans cet espace où on ne voudrait plus que se cacher pour échapper au pire.
Se découvrir à soi, aux autres. Périr de son secret en l’exposant au vent glacial de la rumeur comme la rupture des eaux qui dorment. Une craque. Un espace fendu sous la neige. Peut-on voir. Peut-on découvrir ce qui s’y cache quand on a tous les yeux fermés, aveuglés par la neige.

Quand le blanc ne se trouve pas que sur le givre étoilé mais aussi dans l’espace pupillaire à occuper tout l’espace de l’oeil, se trouve ainsi la couleur du vide, entre le jour et la nuit. Le vide. Espace ultime et sans mesure dans les heures de la passivité où le rêve maîtrise sa réalité.

Le blanc, moment transitoire entre la vie
et le dernier souffle. L’hiver, à la charnière
du visible et du non vu.