Fire / Feu

 

 

Givraltare

Johanne Parent
octobre 1999

 

hez toi, le givre n’est que l‘antichambre en attente du gel. Tu soufffles sur les carreaux, dans ce qui te sert de chambre, afin d’expier tes fautes…et tu espères

Hélas, de l’autre côté, ton regard ne perçoit qu’une blancheur opaque, à peine mouvante. Trahison suprême d’une force brute. Mais de ce Dieu qu’on a crucifié dans l’église du coin, pas de trace.
Tes pas te traînent à nouveau au centre du monde, de ton monde.
Et tu songes à l’hypocrisie de l’immobilité et de la fausse pudeur qui règne derrière dans la croisée fermée. Pourtant, tu sais la révolution qui gronde non loin de toi.
Tu sais la fin, tu sais la peur, l’abus, 
et la mort. « Assez! » 
C’était écrit en lettres sanglantes.
Tu l’avais vu en revenant de chez-elle, où elle avait tenu tes mains tremblantes de la froidure hivernale dans les siennes.
Sur le chemin du retour, le vent était hostile et glacial. Ces lettres sur le mur, comme un appel à l’action, t’avaient fait peur.

Ce matin, malgré l’immuabilité apparente, tu sais la révolution…
tu sais le froid